Episode Transcript
[00:00:30] Speaker A: Puis on parlait en français.
[00:00:32] Speaker B: Oui, on parlait en français. Ça va pour vous, n'est-ce pas?
[00:00:34] Speaker A: Oui, oui.
[00:00:35] Speaker B: Donc, bonjour tout le monde. Je suis de retour sur Maradio Academia. Ici Bromant Rahman pour CFA 83.
Et je suis ici, j'étais à Vancouver la dernière fois. Maintenant, je suis à Toronto pour le Comic-Con de Toronto.
Et j'ai la chance d'avoir Cécile Castellucci avec moi, alias C-Skull.
[00:00:53] Speaker A: Oui.
[00:00:53] Speaker B: Merci d'avoir accepté cette entrevue.
[00:00:55] Speaker A: Merci, Bromant. Enchantée.
[00:00:56] Speaker B: Merci.
Parlons directement du sujet de qui vous êtes. Vous êtes multidisciplinaire disons, vous faites beaucoup de choses.
Vous êtes artiste comique, vous êtes musicienne, indie rock, c'est ce que j'ai cru comprendre.
Et vous êtes également une actrice de théâtre qui a été formée.
Peut-être commencez par ça. Vous parlez français, même si vous êtes américaine. C'est ça? Et vous avez été entraînée au cours Florent. Ça, c'est… comment est-ce que ça s'est abouti en fait? Parce que le cours Florent, c'est une école très prestigieuse.
[00:01:33] Speaker A: Oui, mais j'ai seulement fait un an au cours Florent.
Mais en fait, mes parents sont québécois. Moi, je suis née aux États-Unis et puis ils sont retournés quand j'avais 17 ans pour… on parlait français à la maison. Eux, ils sont français de Québec. Moi, j'étais fille au père en France quand j'avais 19 ans.
Et puis, je ne voulais pas prendre des cours de français parce que je parlais déjà. Même si je fais des fautes, je parle français.
Et puis, bon, j'étais... Mon high school, mon lycée aux États-Unis, c'était le High School of Performing Arts. J'ai fait une formation de théâtre là. J'ai trouvé Cours Florent, j'ai fait une audition et j'ai fait un an à Cours Florent et c'était fabuleux!
[00:02:23] Speaker B: Je suis curieux de savoir justement, c'était comment le déroulement de votre programme, de votre parcours au Cours Florent? Parce que c'est quand même une école qui a cette espèce d'aura, c'est un peu comme l'équivalent français de Sciences Po ou la Sorbonne des arts de performance.
Donc peut-être explique-nous un peu, c'était comment le parcours, qu'est-ce que c'est qu'étudier au Cours Florent?
[00:02:47] Speaker A: Ben, c'était vraiment une... Bon, ça fait longtemps. Ça, c'est 90.
Bon, c'est long. Je ne sais pas comment il fait des choses maintenant, mais à l'temps, c'était comme un intensif. Je pense que c'était presque chaque jour.
Et puis, on faisait du training. Et puis, on faisait des exercices de théâtre pour trouver le...
de travailler avec le texte pour trouver les personnages, pour libérer votre corps, pour être capable de réagir aux émotions.
On a fait des études de scène.
C'était vraiment extraordinaire. En fait, une des personnes avec qui j'ai fait beaucoup de scènes, c'est un acteur qui s'appelle Éric Ruff, qui était le directeur artistique de la comédie française. C'était une bonne classe.
Malheureusement, j'étais là seulement pour un an, mais c'était vraiment formatif pour ma vie artistique.
Ça m'informait dans mon practice pour raconter les histoires.
[00:04:06] Speaker B: Après le conférence, vous avez fait un BFA à Concordia.
Comment est-ce que vous vous êtes retrouvée de retour par la suite à Montréal alors que vous étiez en France et ensuite vous vous êtes retrouvée à Concordia?
[00:04:24] Speaker A: C'était un peu dur pour moi, un peu difficile, parce qu'en fait, je suis élevée à New York City, et puis je suis venue à Montréal, et puis tout à fait, j'étais comme, je vais à Paris! Et puis après ça, j'avais eu une petite maladie, bon, il faut que je retourne à Montréal, et puis j'étais un peu snob. Je veux dire que quand j'ai retourné, j'étais un peu… un peu «snob» et puis…
[00:04:54] Speaker B: La tête enflée, comme on dit.
[00:04:55] Speaker A: Oui, la tête enflée, comme «ah oui, j'étais à New York, j'étais à Paris, Montréal, c'est petit, c'est exactement…»
[00:05:01] Speaker B: Broadway, le cours fleurant, maintenant c'est à Montréal.
Mais
[00:05:04] Speaker A: je veux vous dire que, en fait, Montréal est une ville extraordinaire qui est une place où tu peux vraiment trouver ton voie artistique Et puis, vraiment, je ne sais pas le mot en français, «incuber». Incuber?
[00:05:23] Speaker B: Oui, incuber,
[00:05:24] Speaker A: oui. Incuber vos idées bizarres et avoir une place où ils supportent tes idées bizarres et tu peux faire des choses. Et puis, surtout aussi parce que moi, je suis, pour la plupart, milieu artistique anglophone où c'est très petit, où c'est vraiment... c'est vraiment... c'est comme un village d'art où tu peux faire des choses. Et puis aussi avec le... parce que je fais des choses en français aussi, mais yeah. Non, c'est vraiment... c'était extraordinaire. Et puis après ça, mais j'ai quitté. Encore, j'ai quitté pour Los Angeles. J'étais là pour 28 ans. Et puis maintenant, je suis en retour encore. Ça fait un an et demi. Et puis cette fois-ci, je ne suis pas tête gonflée, même si j'étais à Los Angeles, parce que je connais Montréal et Québec, les choses qui sont extraordinaires de
[00:06:30] Speaker B: cette province. J'imagine que pour vous, c'est un peu comme un retour aux sources, revenir à
[00:06:33] Speaker A: Montréal. Exactement. Vraiment, parce que même si je ne suis pas élevée ici, mes parents sont québécois. Tout le monde est québécois.
C'est vraiment une partie de moi.
Mais anglo-franco,
[00:06:49] Speaker B: Montréal, en tant que Montréalais, je dis ça, Montréal, c'est une ville vraiment qui est aux confluences de plusieurs cultures. Ah oui.
Et notamment parce que la culture américaine qui est très forte évidemment, qui est homogène, qui est hégémonique, alors évidemment on a l'influence des comics, des graphic novels à Montréal, des grands artistes comme Jeff Sherwood qui sont basés à Montréal, qui sont comme des figures, comme des sommités. Ah oui, Simi
[00:07:16] Speaker A: Wu, Andy Belanger, Carl Kershaw, je blinque sur
[00:07:23] Speaker B: tout le monde. Mais également, on a ceux qui ont grandi dans le domaine… Moi, par exemple, je grandis avec… Pascal Girard. Pascal Girard.
On pourrait passer tout et on pourrait juste nommer des gens. Mais moi, j'ai grandi également avec des bandes dessinées.
Donc, c'est un phénomène intéressant de voir cette espèce de percolation entre toutes ces tendances qui clashent et c'est comme une espèce de fission nucléaire qui crée toutes sortes de choses.
Et ça donne justement beaucoup. C'est pour ça que les graphistes Montréalais, ou les artistes montréalais, ils ont souvent cette saveur un peu distincte et unique qu'on retrouve dans les nomades.
[00:08:06] Speaker A: Mais ça, c'est la chose que je pense qui est vraiment spéciale de Québec.
C'est que c'est ailleurs. C'est Canada, c'est nord-américain, mais c'est particulier.
Et puis, c'est comme ça, c'est pourquoi je dis que c'est vraiment une place où on peut trouver notre voix.
artistique distinct.
Et puis, quand moi j'ai commencé, quand moi j'étais, quand je vivais à Montréal dans mes années 20, c'était là dans un café où j'étais une serveuse, un café artistique coopératif, où Chris Oliveros était là et puis il rêvait de commencer une étiquette de bande dessinée, et puis ça, ça est devenu Drawn Quarterly. Et puis on avait des comic jams, des bandes dessinées en direct, et toutes les choses cool. Et puis c'est là où j'ai vraiment tombé en amour avec des bandes dessinées, même si j'ai lu beaucoup quand j'étais une jeune personne.
Mais c'est vraiment cette scène montréalaise de bande dessinée, dans les années 90, que j'ai vraiment su que c'était vraiment quelque chose que je voulais faire, même si je ne suis pas illustrateur.
[00:09:26] Speaker B: Commençons par Star Wars. C'est une énorme partie de votre panoplie, disons.
En 2001, vous avez été dans un documentaire sur les femmes de Star Wars.
J'ai oublié le nom. Star Wars. Star Wars, exactement.
Ça, je me rappelle, c'était un jeu de mots vraiment débile, mais Star Wars, exactement.
Comment est-ce que vous vous êtes retrouvée dans ce documentaire-là? C'était quoi votre expérience à être un peu filmée en tant que fan, mais fan comme professionnelle de Star
[00:10:01] Speaker A: Wars? OK. Mais ce documentaire, en fait, c'était un documentaire… OK.
En 1999, «The Phantom Menace» a sorti. Oui. Et puis, il y avait une ligne, une queue.
Oui, une queue.
pour attendre pour les premiers billets, parce que c'était avant les Internet Tickets.
Et puis, il y avait un groupe de personnes qui ont décidé de coucher sur la rue en attendant pour les billets pour la guerre des étoiles, l'épisode 1, le Phantom Menace. Et puis, moi, j'ai couché sur la rue pour six semaines, dans une tente, sur Hollywood Boulevard, et le documentaire,
[00:10:55] Speaker B: c'est sur ça.
Et c'était votre expérience à participer à ce documentaire-là, surtout lorsque, par la suite, il est sorti.
Ça vous a fait comment de vous voir disons sur l'écran,
[00:11:11] Speaker A: sur le grand écran. Oh ben c'était bien, j'aime beaucoup le cinéma. Je suis allée à l'école pour le cinéma. Bon, c'était vraiment fun d'être… Et puis c'était comme une chose très particulière. Et puis, tu sais, j'ai un amour et un déteste avec la Guerre des Étoiles depuis que j'ai 7 ans.
C'était vraiment fun. Moi, toute
[00:11:37] Speaker B: ma vie, j'ai connu beaucoup d'artistes amateurs, des gens qui sont passionnés par le dessin et par l'illustration générale et qui, peut-être, en arrière de leur tête, aimeraient potentiellement faire carrière avec ça, mais il y a la réalité aussi du fait qu'il y a très peu de gens c'est simplement la réalité du domaine.
Il y a très peu de gens qui parviennent à percer.
Et pourtant, The Plain Janes, comment est-ce qu'on fait pour être publié par DC Comics qu'on est un artiste pour jeunes adultes, de graphic novels.
Comment est-ce que vous avez compris ça? En fait,
[00:12:24] Speaker A: DC Comics, en 2006, a lancé une… une imprint qui s'appelait Minx, qui était pour les bandes dessinées, des graphic novels pour les adolescentes, surtout les filles.
Et puis, c'était inspiré un peu par le fait que le manga était très populaire avec les adolescentes, mais il n'y avait pas vraiment, à ce moment, une maison de publication qui faisait que des graphic novels pour les adolescentes. Il y avait comme Scholastic qui a commencé un peu. Oui, moi j'ai connu Scholastic très jeune. Mais ce n'était pas vraiment une chose.
Et puis, ils voulaient faire ça parce que j'étais un écrivain des romans des adolescentes.
[00:13:15] Speaker B: Oui, romancière, oui.
[00:13:18] Speaker A: Mon premier roman, c'était un roman qui s'appelait Boy Proof. Et le sujet, c'était une fille qui faisait du cosplay à l'école tous les jours.
Et puis, elle était obsédée avec Vertigo Comics.
Et puis, l'éditeur de Vertigo Comics a lu ce roman et a dit, «Ah, peut-être que cette femme aime des bandes dessinées et puis veut écrire des comics.» Bon, j'ai... ils m'ont appelée et puis demandées si j'avais des idées et puis j'avais cette idée pour
[00:13:53] Speaker B: Le Plain James. Non, c'est une thématique qu'on retrouve souvent, disons des... Bon, c'est sûr, ça fait un peu ironique pour moi à dire ça en tant qu'homme, mais c'est vrai aussi qu'il y a beaucoup d'histoires et des scénarios, notamment dans le genre, vous voyez, Young Adults, qui est...
qui cible les jeunes femmes, les femmes adolescentes.
Je pense par exemple à la série Divergent ou évidemment Twilight, c'est un peu l'exemple emblématique.
Est-ce que vous, en tant que quelqu'un qui est dans ce domaine-là, mais plutôt en tant que graphic novelist, donc… Maintenant. Oui, maintenant, voilà.
C'est quoi un peu… Quels sont certains des… Je ne dirais pas des obstacles, mais certains des phénomènes que vous retrouvez souvent quand vient le temps de publier dans ce genre-là?
Mais
[00:14:57] Speaker A: je pense que c'est vraiment différent maintenant que quand j'ai commencé. Oui, évidemment. Parce qu'avec les deux, avec les bandes dessinées pour les adolescentes et le Young Adult, les YA, les livres YA, quand moi j'ai commencé, à les librairies, ils n'avaient pas une section pour les young adults, les romans de young adults, et il n'y avait pas de section pour les bandes dessinées pour les jeunes personnes. Donc, pour moi, quand j'ai commencé ma carrière avec ça, et puis avec Twilight et tout ça, Divergent, ça, c'était le début du... C'était le début du...
[00:15:42] Speaker B: Ça
[00:15:44] Speaker A: ajoute à l'ambiance. Oui, exactement.
C'était les débuts.
Maintenant, c'est vraiment comme une chose standard. Mais quand j'ai commencé, les personnes me disaient «Quand est-ce que tu vas écrire un vrai roman? Parce que pour les adolescents, pour les enfants, c'est pas vrai.» Pourquoi tu écris des bandes dessinées, ça c'est pas vrai, c'est pour les enfants. Mais maintenant, il y a 20 ans plus tard, évidemment c'est très différent parce que c'est un grand succès.
[00:16:32] Speaker B: Dans ma perspective, les histoires, les scénarios, les jeunes adultes, les voyais, au fur et à mesure que les années avançaient, qu'il y en a eu de plus en plus, au point où c'est devenu mainstream,
[00:16:47] Speaker A: c'est quelque chose... Et les bandes dessinées
[00:16:49] Speaker B: pour les adolescents, Oui, également, c'est ça. Donc les bandes dessinées qui n'ont plus ce stigma, moi je dirais qu'ils n'ont jamais été, mais qui n'ont plus ce stigma d'être à eux, c'est pour les enfants, c'est quelque chose parce qu'il y a toujours eu des bandes dessinées pour adultes, on va en être honnête. Là, si on regarde dans le magasin Spirou,
[00:17:05] Speaker A: Oui, mais c'est très différent en Europe qu'aux États-Unis ou au Canada. C'est vrai, c'est vrai. Maintenant, parce qu'il y a, même maintenant, il y a des personnes qui disent, mais ce n'est pas, ça ne compte pas comme un vrai livre pour les enfants de lire, mais c'est ridicule parce qu'en fait, c'est, on a le, je ne sais pas comment dire en français, mais visual literacy. Oui.
C'est vraiment important pour la formation d'une personne. Et souvent, on
[00:17:46] Speaker B: peut désigner les genres selon les thèmes qui sont abordés.
Et c'est ça le sujet sur lequel je voulais vous poser en tant que quelqu'un qui est justement une autrice dans le domaine des voyeux. C'est un phénomène, peut-être que ça me paraît ironique pour moi de le dire, mais moi je ne le gêne pas.
C'est un phénomène qui touche tous les genres, c'est pas nécessairement les voyeux, mais c'est qu'au fur et à mesure qu'il y a de plus en plus d'œuvres qui sortent et qui deviennent populaires et que ça devient mainstream, les scénarios se répètent un peu et ça devient fade.
Je m'explique.
Ce que, par exemple, moi j'aime de Hunger Games. Hunger Games, en tant qu'une histoire de genre, le scénario de révolution, c'est que... Le scénario de la révolution est au premier plan. C'est ça qui est abordé et c'est vraiment le combat contre l'autoritarisme, la rébellion et les thématiques politiques qui sont mises en avant.
Alors que ça c'est peut-être méchant sur Twilight parce que c'est les premiers qui ont un peu pionnier ça et les autres en boitent elles pas.
Mais c'est que souvent, soyons honnêtes, souvent les jeunes adolescentes sont très attirées par ça. C'est quoi? C'est le scénario amoureux, c'est le triangle amoureux avec la fille qui est donc la personnage principale. Il y a souvent comme les deux hommes qui essaient, c'est la blague. Ah oui, c'est à cause de Twilight encore une fois. le loup-garou et le vampire, et c'est évidemment des hommes beaux, ils sont grands, ils sont tellement gentils, etc.
Et c'est ça qui prend le premier plan, alors que je trouve que les scénarios sous-jacents pourraient être beaucoup plus intéressants. Pour moi, Vampire Diaries, c'est un peu ce que... Twilight, la série, c'est un peu le comble de ça. Pour moi, Vampire Diaries, c'est pour ça que j'aime Vampire Diaries, par exemple. Je ne sais pas si c'est pour vous, comment est-ce que vous pensez que les œuvres YA pourraient apporter un peu du son neuf et innover dans le domaine?
En
[00:20:03] Speaker A: fait, je pense que tu parles des choses qui sont vieux et puis…
[00:20:07] Speaker B: Oui, un peu plus vieux, oui. …
[00:20:08] Speaker A: qui étaient comme le standard ou nouveau à le temps. Et puis maintenant, ça devient comme un petit peu… C'est comme le vocabulaire de… OK, ça, c'est les tropes de YA.
Maintenant, c'est vampires. Maintenant, c'est dystopias. Maintenant, c'est romanticism. Maintenant, c'est… Tu sais, ça change tout le temps et ça… Ça évolue.
Mais moi, j'étais un peu toujours contre ça. Moi, j'ai un livre «Tin Star» qui est là-bas.
Et puis, moi, j'étais toujours… Non, c'est à côté. C'est l'autre, là? Ah, voilà. Non, non. Ça, c'est «Gigantic». Tin Star, je voulais faire un livre avec Love Triangle, avec une fille qui était le centre, en espace, pendant une guerre galactique, parce que j'aime Star Wars.
Une chose qui me posait des questions, c'est pourquoi les filles doivent être comme parfaites à tout aussi, tu sais? Et bon, je voulais que mon personnage était comme vraiment mal. Elle était vraiment bad à toutes les choses. Elle n'avait pas la capacité de vraiment survivre, sauf qu'elle peut... Elle était une bonne mimique. Et ça, c'était tout.
Elle pouvait négocier, mais elle n'avait pas des... Elle ne pouvait pas faire un punch, elle ne pouvait pas... Et moi, j'étais toujours intéressante avec mes livres adolescents de faire des choses contre. Justement, c'est
[00:21:57] Speaker B: pour ça que moi, je trouve vos œuvres intéressantes parce que, en tout, quelqu'un qui a été longtemps, qui suis un fan de manga, toute ma vie, quand j'ai découvert, on parlait de compréhension de lecture et tout ça, en lisant beaucoup de livres, j'étais très critique dans beaucoup d'œuvres occidentales de la représentation des personnages féminines. Et je ne parle pas de l'apparence, tout ça c'est une autre affaire. Moi personnellement, est-ce que j'aime que mes personnages féminines soient belles et tout? Ben oui, ça c'est une question de goût. Mais je parle ici du caractère, du personnage.
Et souvent, il y a vraiment un problème à comment est-ce qu'on veut représenter le personnage. OK, maintenant, on veut que la femme soit une femme forte, on ne veut pas qu'elle soit trop girly. OK, donc là, on veut… Le résultat, c'est une personne vraiment désagréable. Parce qu'apparemment, être fort, ça veut dire être désagréable.
Par exemple, j'avais vu dans un jeu, dans le scénario, le gars au téléphone, il disait, écoute, il y a une tempête de neige dehors, si tu sors, tu vas mourir. Et là, la réponse de la fille, c'est un scénario, c'est littéralement ce qu'elle dit, elle dit, t'es pas le premier homme qui m'a dit que je peux pas faire quelque chose.
Tu vas mourir si tu vas dehors, de quoi tu parles?
Il fait froid. Oui, il fait froid. Ça n'a rien à voir. Donc, c'est comme représenter qu'être fort, puis le féminisme, c'est lorsque
[00:23:36] Speaker A: tu es désagréable.
Mais aussi, est-ce que c'était un homme qui a écrit cette fille? Parce qu'il y a toujours ça
[00:23:46] Speaker B: aussi. Non, ce jeu-là a été scénarisé par une
[00:23:48] Speaker A: femme.
Oui.
Je n'ai pas les réponses parce que je ne peux pas parler pour toutes les choses, mais je pense que c'est comme… On veut avoir des histoires pour nous et pour faire ça, des fois, je pense que… et puis je ne dis pas comme moi, mais on, comme la féminité, veut être certaine que personne ne dise que ce n'est pas réalistique qu'elle peut être un héros. Non mais
[00:24:29] Speaker B: justement c'est pour ça que moi, un personnage féminin que j'ai toujours adoré et que j'ai trouvé qu'ils ont complètement magané dans le reboot disons, c'est Lara Croft de Tomb Raider.
Dans la trilogie originale de Tomb Raider, Lara Croft, évidemment, elle est hot, sex symbol dans les films, Angelina Jolie, etc.
Mais dans les jeux originales, Lara Croft, tu pouvais 1 vs 1 à T-Rex dans le jeu.
Le but du jeu c'est pas d'être réaliste, elle c'est une Tomb Raider, elle va dans les trombes chercher des artefacts, elle est badass, elle peut se battre contre des Tyrannosaurex.
Mais dans le nouveau jeu, au nom de faire un jeu plus axé dans la réalité, Ils l'ont comme... Lara Croft, elle est genre helpless, si je dis le mot.
Le méchant, c'est un humain, c'est un homme qui est clairement supposé être représenté comme l'homme abusif, genre typique, misogyne, etc.
Mais elle se fait genre... T'as les Quick Time Events, et elle se fait un vin par lui, et moi j'ai trouvé ça vraiment décevant.
Je me dis qu'on pense qu'elle peut se battre contre un T-Rex à ça.
Et c'est pour ça que je trouve qu'il y a tout le temps ce manque de nuances.
C'est pour ça que j'aime bien le fait que vous dites que oui, elle est quelqu'un qui se bat dans un scénario intergalactique, mais elle a des défauts.
Elle n'est pas quelqu'un de parfait. Donc le problème, c'est que soit les personnages sont des Mary Sue, où elles sont complètement passives. C'est-à-dire qu'elles sont menées par le scénario des passagères.
Et je trouve qu'il y a vraiment de la misère à trouver cet équilibre-là.
[00:26:28] Speaker A: Mais moi je trouve qu'il y a des personnes qui veulent un Mary Sue, Il y a des personnes qui veulent les personnes passives et il y a d'autres histoires qui ne sont pas ça.
Et puis je pense que ça c'est la joie d'être une femme, c'est de chercher des nouvelles choses qui vont devenir ton ton chose préférée parce que c'est dans le style que toi tu aimes, que tu demandes de tes histoires, que tu requises de tes histoires, que tu es comme moi. Je veux qu'il n'y ait pas Ça et pas ça, je veux ça. Mais heureusement, probablement, il y a une histoire exactement comme ça pour toi. Et puis, le problème, c'est pas vraiment un problème, mais le problème, c'est que... Il y a un enjeu, disons. Il y a des personnes, des corporations, qui veulent peut-être jouer au safe ou jouer pour le plus de personnes qu'ils peuvent.
et pas juste un petit niche. C'est ce
[00:27:42] Speaker B: que j'appelle le mythe du public moderne,
[00:27:45] Speaker A: the modern audience. Exactement! Et pauvre toi, tu as le bon goût pour avoir quelque chose de très spécial dans tes
[00:27:59] Speaker B: histoires. Mais moi je crois que c'est parce que je suis quelqu'un qui consomme beaucoup ce contenu. Donc souvent lorsqu'on a un peu fait le tour, on finit par être un peu fatigué par les mêmes thèmes. Oui, mais aussi
[00:28:14] Speaker A: c'est difficile quand on reboot, reboot, reboot les histoires. Il n'y a rien de nouveau. Exactement. Mais ce n'est pas que rien de nouveau, c'est qu'ils doivent changer pour attirer un nouveau audience.
[00:28:26] Speaker B: Mais c'est ça, il y a toujours une tentative à attirer un nouveau public, mais tout le temps en... Parce qu'avant, les auteurs, par exemple des gens comme Tolkien et C.S. Lewis qui ont un peu inventé le genre fantaisiste moderne, Eux, ils sont revenus aux sources avec les mythologies, etc.
Mais ils ont créé quelque chose d'innovateur. Alors qu'aujourd'hui, on a souvent, pas des copier-coller, mais on fait juste s'inspirer comme des auteurs, s'inspirer d'autres auteurs, et on finit un peu par faire un peu le tour. C'est pour ça que j'ai oublié, c'est qu'il y a l'auteur qui a dit qu'en tant qu'auteur, il faut s'intéresser à plusieurs choses. Il faut s'intéresser au cinéma, il faut s'intéresser au théâtre, il faut s'intéresser aux
[00:29:09] Speaker A: classiques, à l'art.
Non, c'est essentiel et c'est vraiment ça qu'il faut que tu suives tes intérêts spéciaux que tu as comme artiste pour découvrir la chose qui est innovante ou nouvelle.
Tu te souviens, avant Twilight, les vampires Tu sais, et puis après ça, bon, pour elle, elle a trouvé quelque chose et puis après ça, mais ça ne veut pas dire qu'il ne va pas y avoir un autre… peut-être, je ne l'ai pas vu, mais Sinners, tu sais, qui est vampire avec un nouveau spin, innovateur, nouveau et tout ça. Ça, c'est la joie de jouer dans les genres qui sont refaits, refaits, refaits parce que… Par occasion, il y a quelqu'un qui dit «Ah, moi j'ai un
[00:30:10] Speaker B: nouveau entrance». Non mais c'est pour ça que je veux être clair. Je ne suis pas un «hater» de travail. Non, non, je n'ai
[00:30:18] Speaker A: pas cette impression. Non, non, non, pas
[00:30:20] Speaker B: du tout. D'ailleurs, justement, Ce dont je suis critique, c'est que Twilight avait fait quelque chose d'intéressant. D'ailleurs, c'est à cause de Twilight qu'un peu la perception des vampires et des loups-garous, l'espèce d'hommes grands, hommes beaux, tout ça, c'est de là que c'est un peu venu, c'est ça qui a popularisé cette idée-là, ce concept-là. Donc moi, je trouve que Twilight s'est très... Repopularisé. Repopularisé plutôt, c'est vrai.
Mais moi, je critique de ceux qui ont juste pris le concept et qui ont juste changé de setting, puis ils ont juste fait la même chose, puis ils ont dit, regarde, je fais quelque chose de nouveau.
C'est surfer sur la vague, tu sais.
Même si je comprends, je suis comme, OK, mais faites un peu un effort au moins, c'est ça.
[00:31:04] Speaker A: Mais moi, j'essaie de faire de n'importe quoi.
[00:31:07] Speaker B: Mais juste en parlant de l'effort, un autre genre qui a aussi, disons, on parle tout le temps de fatigue, c'est les super-héros, le super-héros fatigue, à cause de tous les films de Marvel, les DC Comics et tous les films qu'il y a eu après.
Mais pourtant, vous, vous abordez les super-héros avec Stardust, par exemple, dans une... perspective, d'ailleurs on va le montrer, mais comme d'une perspective un peu différente. Mais ça
[00:31:36] Speaker A: c'est, Stardust, ça c'est un anthology. Ça c'est, moi j'ai pas, vraiment j'irais parler de Shade the Changing.
[00:31:43] Speaker B: Ah oui, Shade aussi. Shade the Changing
[00:31:46] Speaker A: Girl, parce que Shade the Changing Girl c'est un personnage de Steve Ditko qui l'a fait dans les années soixante-dix. Dix.
Non, soixante.
Yeah, soixante-dix.
Les 70.
Oui, les 70. Et puis, après ça, Peter Milligan l'a refait avec Vertigo en les années 90. Et puis, c'était Shade the Changing Man.
Et puis moi, j'étais invitée de changer le personnage encore, mais le faire Shade the Changing Girl.
Maintenant, le personnage était une fille.
Et ça, c'était vraiment fun parce que c'était vraiment regarder un super-héros et puis réinventer et puis de l'attaquer dans une façon différente.
Réimaginer.
Non mais
[00:32:43] Speaker B: exactement, c'est pour ça que je voulais aborder ce sujet-là, parce que quand on parle d'action en général, c'est encore un domaine, un genre qui est truffé de clichés, et c'est quelque chose que vous Vous allez un peu à contre-courant avec Soupy Lives On. On peut en parler de Soupy Lives On.
Quand je préparais l'entrevue, c'est un des titres que j'ai vus qui a été mis en avant dans votre biographie. Soupy Lives On, c'était quoi l'inspiration et comment est-ce que vous êtes
[00:33:24] Speaker A: arrivé à… OK. So, Soupy Leaves Home, c'est une histoire du… Ben, c'est mon histoire, c'est pas quelqu'un d'autre.
C'est une fille qui habite comme un garçon, comme un hobo, dans les années 30, après la Grande Dépression.
Et
[00:33:44] Speaker B: puis,
[00:33:46] Speaker A: j'ai eu l'idée parce que quelqu'un sur Facebook a mis une… a mis une question, une mime.
C'était quoi? What would be your hobo name? C'est quoi ton nom de hobo? Et moi, j'ai dit Soupy. Et puis après ça, je me suis dit, ben, c'est quoi un hobo? Parce que je ne savais pas que c'était vraiment quoi un hobo. Je savais qu'il sautait sur les trains et voyageait, mais qu'est-ce que c'était un hobo?
Bon, j'ai commencé à faire la recherche, et une fois que j'ai eu la recherche, j'étais comme, «Ah, ça, c'est vraiment intéressant. Il y a une histoire là.» Et puis, je voulais comme… J'ai devenu un peu obsédée avec ça, et puis j'ai écrit un roman. Comme, je ne savais pas que les hobos voyageaient en train.
Et puis, pour être «safe », pour être sécuritaire… En sécurité, oui.
Ils mettaient des signes en choc.
Avec la craie, oui. Pour savoir des informations. Ils laissaient des informations pour les autres hobos qui venaient dans la ville après eux.
Peut-être que ça, c'était un homme avec un fusil.
Ici, une bonne femme reste là. Ça, c'est une bonne route à voyager. Moi, j'ai trouvé ça vraiment fascinant.
Et puis, c'est comme ça que tu as dit.
Il faut qu'on apprenne des choses et qu'on saute dans les nouvelles choses pour trouver des nouvelles histoires. Oui, mais je
[00:35:42] Speaker B: pense que «Souper les hommes» ça met en… en tant que personnage principal au centre, un protagoniste atypique dans le genre.
Dans les histoires d'action, c'est plutôt habituel d'avoir un personnage qui commence tout en bas et qui commence dans un village qui n'est que lui de personne et qui devient un héros à la fin. Mais ici, ce n'est pas vraiment une histoire héroïque. Ce n'est pas ce qu'on appelle un heroic tale. C'est vraiment plutôt une histoire de survie. C'est ça, c'est une histoire dans le genre d'action, mais plutôt dans le genre de survie, mais pas survie horreur supernaturelle, plutôt survie réaliste. Oui,
[00:36:34] Speaker A: et puis aussi, c'est comme... Il y a des grandes histoires avec des grandes actions.
[00:36:40] Speaker B: Oui, comme le récit. Exactement. Mais
[00:36:42] Speaker A: aussi, dans notre vie quotidienne, il y a des petites histoires et des petites actions qui ont un énorme effet sur une vie. Et puis, en pensant à ça, je pense que ça, c'est héroïque aussi.
[00:37:14] Speaker B: Shifting Earth.
Ça c'est pour les adultes, pas les adolescents. Oui exactement, c'est pour ça que je voulais en parler d'ailleurs parce que plus tôt on parlait du fait qu'il faut écrire des livres pour les adultes versus pour les adolescents.
Shifting Earth, si on parle d'univers parallèles, c'est autre chose. Ça, c'est le genre d'histoire que moi, par exemple, j'aime.
On revient un peu dans la science-fiction, un peu super naturel, quantum mechanics, on est rendu dans les univers parallèles.
Pour vous, qu'est-ce qui vous a donné envie? Parce que ce n'est pas le genre d'histoire que vous écrivez, c'est un peu le mouton noir. de votre série. Pas vraiment, parce que j'écris beaucoup
[00:38:04] Speaker A: des courtes histoires science-fiction qui sont publiées, qui sont pour les adultes et pas… Non, non, je veux
[00:38:11] Speaker B: dire pour les adultes, oui, mais ici, comme univers parallèle, on saute… on est dans un scénario, dans un autre univers, etc., où il y a des choses qui se passent dans ce genre-là.
Dans les autres œuvres que j'ai vues, que vous avez faites, ce n'est pas un thème qui est abordé, c'est le premier de ceux que j'ai vus où vous parlez de
[00:38:30] Speaker A: l'univers parallèle. Oui, du parallèle, mais les histoires comme ça, dans mes courtes histoires, elles sont plus comme ça.
J'ai eu cette idée quand j'étais dans la pandémie, et puis je faisais beaucoup de jardin… je travaillais beaucoup dans mon jardin pour pousser des tomates et des choses comme ça. Parce que chaque fois que je coupais un tomate pour faire une salade, je prenais les grains et puis je les poussais pour faire des nouveaux tomates. Et puis… des poivrons et tout ça. Et puis aussi, il y avait des grands feux à Los Angeles, à l'temps. C'était vraiment orange, le
[00:39:16] Speaker B: ciel. Les feux de forêt, ouais.
[00:39:20] Speaker A: Je ne voulais pas être là. Je voulais être sur un monde parallèle.
Et puis bon, c'était un peu l'histoire. C'est une botaniste qui est tirée vers une terre parallèle qui a deux lunes. Bon, il n'y a pas beaucoup de terre. beaucoup de l'eau pour le environnement est très très différent et puis là il y a tous les grains qu'on peut avoir pour comme je ne sais pas le mot en français re-wild, replanter comme tous les les graines qui ne sont pas monolithiques, mais qui sont un peu résilientes, qui peuvent nous aider.
Elle est attrapée dans cette planète parallèle et ça semble idyllique là.
Et puis elle pense, est-ce que je peux trouver une façon de retourner à mon terre et puis avec tous ces grains pour aider notre terre ou est-ce que c'est mieux de lâcher le bateau qui écrase et puis rester sur cette planète qui est idyllique, semblant
[00:40:41] Speaker B: idyllique. J'attendais presque que le clou allait tomber parce que Tout le temps, dans les scénarios, on peut aussi dire que c'est un cliché. Ce n'est pas unique à Shifting Earth, mais le fait qu'un monde qui semble utopique ne l'est pas vraiment.
Il y a des secrets qui se cachent en arrière, etc.
Et justement, pourquoi Shifting Earth m'a attiré mon attention? Parce que moi, je trouve que pour les auteurs, c'est toujours... Pour moi, les auteurs, c'est toujours le genre, ce qu'on appelle le prolo-fantasy.
Ça sépare les bons auteurs des auteurs plus médiocres. Parce que quand tu fais un prolo-fantasy, et tu fais un monde parallèle, et tu fais un autre monde, Tu peux faire ce que tu veux. Tu peux mettre tout ce que tu veux dans ce monde-là. Tu peux faire un scénario aussi irréaliste, aussi étrange que tu veux.
Et c'est là où on voit, est-ce que l'auteur va faire des choix faciles? Est-ce que ce n'est pas un personnage qui est au bord de la déification, qui est comme surpuissant et qui est presque omniscient?
Ou est-ce que tu vas choisir une voie plus originale? Ou est-ce que, même si ton personnage est super puissant, tu vas trouver un scénario pour lui donner des péripéties, pour lui donner des difficultés? Est-ce que dans ce scénario-là, le monde que tu crées, est-ce que c'est un monde fantaisiste? T'as juste copié Tolkien, t'as mis des elfes, des dragons et des chevaliers? Ou est-ce que tu as essayé de prendre une autre direction, d'aller dans une autre mythologie, de piocher dans un autre centre de connaissances?
Pour moi, c'est quelque chose qui est important parce que, évidemment, le Portal Fantasy, c'est comme Orient Express et tout ça.
Non, pardon, Polar Express. Polar Express, c'est ça? Non, c'est le mauvais.
Polar Express, etc., c'est un peu le précurseur par la suite des mangas Isekai. Isekai transporte dans un autre monde, soit par réincarnation ou par traverser une porte qui le transporte dans un autre monde, un peu comme Chronicles of Narnia.
Vous en tant que quelqu'un qui avez écrit ce livre-là pendant la pandémie de 2020 aux alentours, déjà le genre pour l'outro fantasy ICK était très ancré, déjà établi, tous les tropes étaient récurrents, etc.
Comment est-ce que vous vous êtes pris dans votre processus de création pour essayer de distinguer l'histoire de ce qu'est un Portal Fantasy classique?
[00:43:48] Speaker A: Ça c'est une grande question et puis je pense que tu essaies de créer un monde qui… Tu fais ton travail de world building. Pour moi, c'était avec la science. Je parlais avec un astrophysiciste, je parlais avec une botaniste, et puis… J'ai pensé, j'ai fait des recherches sur l'effet de lune sur la Terre.
Et puis, j'ai compté sur… Il y a une scène dans le livre où deux de les personnages vont au théâtre et voient une opéra qui dit une mythologie de leur temps. Bon, c'est comme une pièce de théâtre qu'ils voient. Pour moi, ça, c'était la façon d'entrer et d'expliquer pourquoi ce monde est comme ça.
À cause de l'histoire de les deux lunes et le soleil et pourquoi cette société a évolué dans cette façon. Moi j'apprécie toujours lorsque l'auteur
[00:45:08] Speaker B: fait un effort pour que le monde où l'histoire se passe respecte sa propre logique interne. Parce que dans un scénario on peut faire n'importe quoi en fait, dans un prologue fantasy ou dans un ICK en général, souvent on retrouve des disons, des raccourcis, un peu de paresse scénaristique, comme moi j'appelle, ou parce qu'on dit, ah ben c'est de la magie, donc on peut faire ce qu'on veut.
Oui,
[00:45:36] Speaker A: exactement, mais non, mais c'est ça, et tu fais, tu débrouilles le best that you can, tu sais, dans ton histoire, et tu essaies d'avoir des choses qui font de la logique. Dans ce monde, ça c'est la règle, Donc, ça donne des limites. Exactement. Et tu travailles comme ça. Mais c'est impossible de… Non, ce n'est pas vrai. C'est possible d'écrire des livres qui utilisent toutes les choses dans le passé sans savoir comment les grands livres du passé ont marché.
À la fin de la journée, tu veux que ton lecteur aime le personnage qu'il
[00:46:27] Speaker B: suit.
Oui. Et c'est tout? Oui, même si le protagoniste peut être la pire personne du monde, on pourrait jamais vouloir le rencontrer en personne, mais si le personnage est bien scénarisé, bien écrit et qu'on l'apprécie, pour qui cette personne est, alors ça n'a pas besoin d'être quelqu'un qui est fondamentalement une bonne personne.
[00:46:59] Speaker A: Oui, exactement.
Il y a beaucoup des anti-héros.
Voilà.
Ok.
Non mais c'est ça,
[00:47:05] Speaker B: ça fait un peu le tour de vos histoires et avant de finir l'entrevue, je voulais parler brièvement de votre carrière de musicienne.
Parce que vous n'êtes pas comme une musicienne qui est juste amateur. Non, je suis juste à côté. Non, vous avez sorti comme un album.
Trois. Des albums, oui, c'est ça en fait.
Des albums où vous avez donc plusieurs singles par album.
Parlez-nous, comment est-ce que vous vous êtes retrouvée à faire ça, à faire du rock?
[00:47:43] Speaker A: Quand j'étais là, à Montréal, quand je travaillais dans ce café coopératif dans les années 90… C'est tellement un
[00:47:52] Speaker B: truc typique d'acteur, de travailler dans un café comme
[00:47:55] Speaker A: ça! Il y avait d'autres filles et on voulait faire une bande.
À l'époque, c'était le mouvement Riot Grrrl. Ce n'était pas vraiment ici en Canada, mais c'était le même esprit.
On a décidé de former une bande. La première, ça s'appelait Bite.
Après ça, j'ai formé une bande Nerdy Grrrl.
Ça, c'est le nom punk que j'ai.
Et puis, c'est la raison que j'ai déménagé à Los Angeles.
Mon étiquette de disque était à Los Angeles.
Et comme je suis Américaine aussi, je suis allée là pour vivre.
supporter mon album et puis j'ai resté là parce qu'il y avait beaucoup de soleil.
Mais c'était formidable aussi, ça c'était un autre, comme l'École Florent, c'était vraiment une formation importante pour ma formation comme artiste.
[00:48:55] Speaker B: Moi, le rock, c'est pour ça que ça m'a absolument fasciné que vous soyez une musicienne de carrière, on peut le dire carrément.
Parce que le rock, c'est, honnêtement, dans mon top 3 des genres préférés.
Moi, j'ai grandi en écoutant SEDC, Kiss, tous les classiques de mes parents. Et pourquoi c'était indie rock? Ah oui, Indie Rock, ouais. Mais justement, maintenant l'Indie Rock, c'est pas un second souffle, ça a toujours existé, mais avec la victoire de Måneskin à l'Eurovision il y a deux ans, c'est un groupe italien qui faisait, qui a 4 étudiants ensemble au lycée qui ont commencé à faire du rock dans les rues de Rome. Et maintenant, ils ont gagné l'Eurovision il y a deux ans. Ah oui, OK. Oui, le Eurovision Song Contest.
Et ces Italiens-là, moi j'ai trouvé ça vraiment cool de voir que le rock est toujours capable d'apporter du nouveau, un nouveau souffle, de l'innovation.
Et c'est pour ça que votre carrière d'e-rock m'a absolument passionné. Pour vous, c'est quoi certains des groupes qui vous ont inspirés dans le rock?
Je
[00:50:13] Speaker A: vais juste parler de ça parce qu'elle vient d'avoir un mémoire, mais Melissa Oftermaier, qui est montréalaise, qui vient de sortir un livre, Even the Good Girls Cry, et puis elle était le bassiste dans le band Hole et le Smashing Pumpkins. Ça, c'était deux groupes grands pour moi.
Aussi, Lisa Germano, Juliana Hatfield, Hélia. Il y a beaucoup de places. Au Canada, à le même moment que Bite et Nerdy Girls, c'était Jail et Cub.
C'était des grandes bandes pour moi.
Moi, j'ai toujours aimé les femmes qui jouent la musique et qui écrivent leur propre
[00:51:04] Speaker B: musique. Récemment, d'ailleurs, j'allais vous recommander un anime.
Je ne sais pas si c'est Lady Rock, quelque chose comme ça. C'est un anime sur un groupe de filles dans une école privée prestigieuse où il y a une étiquette et tout ça. Mais ces quatre filles-là, elles se rencontrent et c'est des filles de milieu, de haute bourgeoisie, etc., mais qui sont passionnés par le rock. Elles décident de créer un groupe de rock masqué.
J'adore ce genre de scénario-là.
Je recommande à tout le monde.
Le nom m'échappe, mais si vous écrivez le scénario, vous allez le retrouver. Je mettrai en description. Et je veux
[00:51:42] Speaker A: dire aussi que si vous voulez écouter la musique de Nerdy Girl ou Cecil Cisco, tu peux la trouver sur Apple Music ou Spotify.
Évidemment, et vous trouverez mon émission
[00:51:54] Speaker B: aussi sur Apple Podcasts. Merci beaucoup Cécile.
Merci beaucoup aussi Skoll.
J'ai hâte de voir ce que… vous vous ferez dans l'avenir. En termes de musique et de livres, je suivrai avec attention.
Et je suis sûr que les gens à la maison qui vont écouter l'entrevue, ils seront très contents aussi et ils voudront acheter vos livres et les lire. Vous voulez
[00:52:25] Speaker A: nous louer à la bibliothèque? Pourquoi
[00:52:28] Speaker B: pas? On est fan de bibliothèque ici. Merci beaucoup et bonne journée. Toi aussi.