Episode Transcript
[00:00:00] Speaker A: Cette émission vous est présentée par Watapono.
Watapon est le développeur de Magically Hellhound Lust, le troisième et tout dernier titre de l'univers Watapon.
Combattez la sororité de Succubus dans un hack'n'slash endiablé, incarnez le Magebane et découvrez votre véritable nature dans un RPG roguelike rempli d'action. Assouvisez votre vengeance à coups d'épée, de marteau ou de magie, ou combinez toutes ces méthodes pour vous élever comme une nouvelle divinité.
Ajoutez Magically Hellhound Lust à votre liste de souhaits sur Steam dès aujourd'hui, sortie prévue pour été 2026.
[00:01:03] Speaker B: Sous-titres
[00:01:15] Speaker A: Bienvenue de retour tout le monde sur ma radio Academia, ici Bromo Rahman de CFAQ. Je suis ici pour continuer ma conversion de Fan Expo Vancouver et j'ai le grand plaisir d'être ce soir avec Pierre-Alexandre Crontoie, illustrateur et auteur de comics inspirés réalisés para la communauté d'Amara.org de bandes dessinées.
Bienvenue et merci d'avoir accepté notre invitation Pierre-Alexandre.
[00:01:38] Speaker B: Merci de me recevoir.
[00:01:39] Speaker A: Commençons par parler de vous. Qui est Pierre-Alexandre Crontoie?
[00:01:44] Speaker B: Oui, je fais du storyboard en animation depuis 25 ans et j'ai fait de la bande dessinée pendant longtemps aussi, particulièrement de la bande dessinée au niveau indépendant.
Cette bande dessinée-là, c'est la première que je fais avec un éditeur qui est publié à grand étendu.
Je viens de Montréal, initialement.
Ça fait 10 ans que je suis à Vancouver.
Il n'y a pas grand-chose d'autre à dire, malheureusement.
[00:02:24] Speaker A: Mais en fait, il y a beaucoup de choses à dire. Donc ça, c'est un peu la culmination de votre carrière. C'est un peu l'accomplissement.
On en parlera dans un moment. Mais d'abord, parlez-nous de vos débuts. Comment est-ce que vous avez commencé dans cette industrie-là, dans ce domaine-là?
Et voilà, qu'est-ce qui vous a donné envie de partir dans ce domaine?
Et c'était quoi vos débuts?
[00:02:48] Speaker B: Ça fait... En fait, j'ai été...
J'ai grandi dans l'univers de la bande dessinée.
J'ai été élevé avec les bandes dessinées européennes, Astérix, Bully Bill, Lucky Luke.
un petit peu de Tintin, mais beaucoup de Spirou Fantasio, Franquin, toutes ces bandes dessinées-là, je suis grandi là-dessus. Donc, j'ai toujours beaucoup aimé ça.
Puis, je pense que c'est à peu près à l'âge de 9 ans que j'ai commencé à dessiner.
Puis, essentiellement, tout ce que je faisais, c'est que je faisais juste redessiner des histoires, principalement des histoires de Bully Bill, si je me souviens bien.
Puis, j'ai commencé aussi, à la suite de ça, refaire les histoires, mais juste avec des personnages que moi je créais.
Ça a comme évolué à partir de ça.
Ensuite de ça, j'ai acheté beaucoup de livres qui parlaient de la bande dessinée. Un des livres que j'ai acheté à très jeune âge, c'était un livre qui s'appelle «L'art de la BD ». C'est en deux tomes. C'était publié par Glénas, si je me souviens bien.
Ça expliquait principalement tout le processus de la bande dessinée, de A à Z.
Et c'est un peu à partir de là que j'ai commencé à vouloir être vraiment intéressé à la bande dessinée.
J'ai fait mes propres bandes dessinées par moi-même quand j'étais plus jeune.
J'ai fait les tours des conventions pendant plusieurs années.
Puis à un certain moment, je me suis comme... J'ai fait le chiffre vers l'animation.
Qui, je dois dire, a beaucoup de parallèles avec la bande dessinée aussi.
Donc ça a offert une très bonne...
Un très bon départ pour vraiment agrandir mes connaissances en bande
[00:04:51] Speaker A: dessinée.
Par rapport à ça, donc votre passion pour les bandes dessinées, c'est quoi la première oeuvre que vous avez, une oeuvre complète où vous vous êtes dit «Ah, ça pourrait devenir quelque chose de plus qu'un
[00:05:06] Speaker B: passe-temps ».
Pour la bande dessinée que moi
[00:05:10] Speaker A: j'ai faite? N'importe quelle oeuvre. C'est quoi le premier travail que vous avez accompli où vous vous êtes dit peut-être je pourrais faire ma vie
[00:05:17] Speaker B: avec ça?
Que moi j'ai faite, je ne me souviens pas vraiment qu'il y ait quelque chose. Par contre, je pense que la première fois que j'ai vendu ma première bande dessinée que j'avais faite par moi-même. Je vendais ça à l'école.
Dans la cour d'école, les bandes dessinées que je faisais étaient basées. J'ai commencé à faire des bandes dessinées à mes profs d'histoire et j'ai commencé à les vendre à la cour d'école.
Puis c'était vraiment quelque chose que j'aimais faire, que j'aimais poursuivre. Je pense que ça a plus été une question d'avoir un désir de vouloir faire une carrière en dessin.
plus que de la bande dessinée.
Mon désir premier était de faire de la bande dessinée, mais ultimement c'était de vouloir vraiment faire une carrière avec le dessin.
Donc c'est pour ça que ça l'a changé un petit peu à l'animation, après un certain temps.
Mais la bande dessinée européenne a tout le temps eu une grosse partie, une grosse partie dans mon cœur, donc c'est toujours quelque chose que j'essayais de faire
[00:06:32] Speaker A: pendant longtemps.
C'est quoi vos inspirations principales pour les travaux que vous avez fait? Evidemment on va parler de Thunder, mais en général, c'est quoi les bandes dessinées qui vous ont les plus inspirées, où vous vous êtes dit, ça c'est comme une référence pour moi et je vais vraiment intégrer ces connaissances-là dans
[00:06:51] Speaker B: mon travail?
Les Spirouilles Fantasio de Tom et Jean-Ri, définitivement les bandes dessinées que j'ai pris le plus d'inspiration, je dirais beaucoup dans les histoires, mais dans le style du dessin.
Le style du dessin de Jean-Ri était quelque chose que j'ai toujours aspiré à me rendre. Astérix était une très grande influence en termes de l'histoire.
De la manière que que Uderzo a créé, ses bandes dessinées, ça a toujours été une grosse inspiration.
Dans ce sens-là, ça a été vraiment quelque chose que j'ai toujours voulu.
Ensuite de ça aussi, je suis un grand fan de Star Wars, Lord of the Rings, toutes ces choses-là. Ça a beaucoup pris d'inspiration.
Des films comme The Black Cauldron de Disney.
Dark Crystals, Crawl, Never Ending Story. C'est toutes des choses qui ont beaucoup influencé la manière que je raconte des histoires.
Pour ce livre-là en particulier, je dirais que c'est un gros mix de tout ça. En plus de Bone, de Jeff Smith était une grande influence avec ça. Mais je dirais que ce livre-là en particulier est un amalgame de toutes les choses que j'aime dans le monde du cinéma et de la bande dessinée. Donc, c'est vraiment un gros mix. C'est une aventure fantaisie avec des monstres. C'est tout ce que tu
[00:08:37] Speaker A: peux penser. On flotte un peu autour du sujet, mais Thunder, cette oeuvre-là que vous avez faite, qu'est-ce que c'est que Thunder? Comment pourriez-vous décrire le mieux ce
[00:08:49] Speaker B: qu'est Thunder?
C'est la culmination de tout ce que j'aime dans le monde culturel, dans le...
Le Entertainment at Large, c'est vraiment le... Je suis un gros fan d'horreur, gros fan de science-fiction, fantaisie.
J'adore créer des monstres et des créatures.
C'est un monde avec des personnages anthropomorphiques parce que c'est le genre de design que je préfère le plus faire. Je trouve que ça offre un mode d'expression qui est... beaucoup au-delà de n'importe quel autre, pour moi en tout cas.
Donc c'est pour ça que j'ai rajouté ces personnages-là dedans.
Dans l'histoire, on s'en va dans l'espace à un certain temps.
On a des monstres, des créatures.
Il y a vraiment de tout ce que j'apprécie.
C'était ma manière de faire l'histoire que j'aurais voulu lire si j'allais dans
[00:09:56] Speaker A: une bibliothèque. Évidemment, je crois qu'il y a...
Il y a quelques auteurs, je crois que deux ou trois, qui ont déjà dit que j'ai juste fait ça pour l'argent, que ça ne m'intéresse pas. Cette histoire-là a fonctionné, mais j'ai continué à le faire pour l'argent. C'est quelque chose qui me passionnait vraiment. En général, les auteurs font des histoires qu'eux-mêmes
[00:10:13] Speaker B: veulent lire. As-tu vraiment des gens qui
[00:10:15] Speaker A: disent ça? Oui, des mangakas. Il y en a eu.
Il y a des mangakas qui
[00:10:19] Speaker B: ont déjà… Berserk, je dirais que c'était une grosse inspiration. Berserk, c'était extraordinaire
[00:10:27] Speaker A: quand même. Berserk, je crois que c'était l'inspiration pour beaucoup de choses.
Sur Berserk, vous connaissez peut-être le jeu Fear and Hunger, qui est très inspiré lourdement de Berserk, qui a été un phénomène dans les jeux
[00:10:40] Speaker B: horreur indie.
Tous les jeux de From Software. Dark Souls, ça aussi c'est une grosse influence. Je dirais que ce personnage-là en particulier est une bonne référence.
[00:10:55] Speaker A: Parlez-en d'ailleurs. Thunder, quelle est la prémisse de Thunder? Donnez-moi comme une synopsis et peut-être présentez-nous un peu les personnages, ces beaux personnages après tout.
Et c'est un privilège de les avoir sur la couverture, donc on peut y aller un par
[00:11:08] Speaker B: un, allez-y.
Sunder, en fait, c'est l'histoire de Zeke, qui est une personne qui vit dans un monastère et toute sa vie, pour des raisons qu'il ne sait pas, n'a jamais été n'a jamais eu la chance de sortir du monastère.
Il n'a aucune idée pourquoi, mais on ne lui permet pas de sortir et il prend soin de la bibliothèque du monastère, lit des livres, transcrit des livres, rêve d'avoir sa propre aventure, on n'en a jamais eu, jusqu'au temps où un livre magique apparaît dans la bibliothèque et s'imprègne sur lui, le menant ensuite à aller à sa propre aventure, d'aller trouver le propriétaire de ce livre-là.
Ce qu'il ne sait pas, évidemment, c'est qu'à l'arrière de tout ça, il y a une créature très ancienne qui, pendant des millénaires, a essayé de retrouver ce livre-là, qui était caché. Maintenant qu'il ressort dans le monde, il repart à la chasse de ce livre-là. Donc, l'aventure que Zeke cherchait à avoir va prouver à être beaucoup plus grosse et beaucoup plus dangereuse que ce qu'il avait anticipé
[00:12:23] Speaker A: en partant.
Donc, les personnages autour de
[00:12:26] Speaker B: Zeke dans la créature... Oui, les personnages autour de ça, c'est... Là, c'est un petit peu spoiler
[00:12:32] Speaker A: pour l'histoire. C'est comme une description générale des personnages. Les gens vont les
[00:12:37] Speaker B: découvrir éventuellement. On trouve Zeke au milieu.
Imani et Mouse qui sont en fait un duo qui travaillent ensemble. C'est des mercenaires.
Zeke va le rencontrer dans le premier village où il va. Ils vont l'aider à sortir d'un petit pétrin. Puis ensuite, ils vont accepter de le joindre dans sa mission.
On a Abbott, le chef du monastère, le père principal, je ne suis pas trop sûr comment ça s'appelle. Cette personne-là agit en fait de figure
[00:13:17] Speaker A: paternelle posée. C'est drôle, le chat de mon soeur, c'est
[00:13:19] Speaker B: un Abbott. C'est un Abbott? C'est-tu
[00:13:21] Speaker A: comme ça?
[00:13:21] Speaker B: Oui, oui.
Ça fait 10 ans que je t'avais encore pas rencontrée, m'excuse. En fait, c'est ça.
C'est ça.
Et il fait figure paternelle pour Zeke.
Et c'est lui qui va en fait le guider, lui donner sa raison de quitter, de partir dans sa mission.
On retrouve aussi Valencia qui est la première personne qui va en fait aider Zeke à trouver le propriétaire du livre. à l'intérieur du village.
Ensuite, de ce côté-ci, on a des personnages un petit peu plus périphériques.
Ce personnage-là est le premier monstre que Zeke va rencontrer dans son voyage.
Cette personne-là est une personne qu'on rencontre au début du livre, qui est encore mystérieuse.
On n'a aucune idée de qui elle est pour l'instant, mais elle va jouer un rôle très, très important dans l'histoire.
Celui-là aussi, c'est un autre ennemi qu'ils vont rencontrer, qui est principalement dû au cas de Marseille et Manille voulant aller chercher un trésor qu'ils ne devraient pas.
Puis ça, c'est des ennemis qu'ils vont rencontrer.
À l'arrière, la silhouette sombre et le... Le méchant de qui je parlais qui recherche ce livre-là depuis
[00:14:59] Speaker A: si longtemps.
Ça, c'est un classique, mettre le méchant mystérieusement en arrière. Et également, le fait d'avoir un personnage masqué, c'est un peu la solution pour garder un mystère autour d'un personnage, parce que tout le temps, les gens vont se poser la question «qu'est-ce qui se cache derrière
[00:15:30] Speaker B: le masque? ». En fait, c'est un petit easter egg justement de parler du fait que je suis un grand fan de Star Wars. Cette couverture-là est basée sur le poster
[00:15:42] Speaker A: de l'épisode 1. Ah ben
[00:15:43] Speaker B: oui, c'est vrai. C'est le même type de design.
C'est vraiment là-dessus que je
[00:15:48] Speaker A: me suis basé. Qu'est-ce que ça me faisait penser exactement?
Parlons un peu de ces deux personnages-là, donc Mark Englert
[00:15:58] Speaker B: et Buddy Beaudoin.
Marc Englert, c'est le coloriste du livre. Buddy Beaudoin, c'est lui qui a fait le
[00:16:05] Speaker A: lettrage à l'intérieur. Comment vous êtes connu pour
[00:16:09] Speaker B: entamer ce projet?
On s'est connu à travers ma cave, qui est la maison de l'éditeur.
Puis quand j'ai présenté le livre à Mad Cave, c'était essentiellement un livre qui était dû... qui se voulait être en noir et blanc.
Toutes les pages que j'ai faites là-dessus utilisent des degrés de gris dessus, des tons de gris. Puis c'est de la manière que je l'avais... qui était intendue de se faire publier au départ.
Puis Mad Cave, en parlant avec...
avec les boss, on a parlé un peu du fait que parce que c'était un livre qui n'était pas connu, c'était peut-être une bonne idée d'avoir de la couleur dans le livre, qui finit par être une très bonne décision.
C'est définitivement beaucoup plus accessible pour une majorité de gens, puis c'est eux qui m'ont lié avec Marc et Buddy
[00:17:17] Speaker A: pour le travail.
Le fait d'ajouter au nom de la couleur, souvent le noir et le blanc, ça
[00:17:24] Speaker B: fait vraiment manga.
C'était quelque chose aussi qui m'intéressait.
Au départ, on parlait tantôt du fait qu'il y a beaucoup d'artistes qui faisaient ça juste pour l'argent. Ce livre-là, je l'ai conçu pendant que je travaillais en animation, à travailler sur des films.
C'est une histoire qui fait à peu près Ça fait 6 ans que je travaille dessus, dans le derrière de la tête, et quand j'ai décidé de le faire, Dans ma tête, je me disais, OK, je vais le proposer aux maisons d'édition.
Si jamais ça ne fonctionne pas, je vais essayer de le publier moi-même.
Donc, ça avait beaucoup cette idée-là en tête qu'il y avait une forte possibilité que ça allait être publié par moi-même.
Donc, c'est de là que Le Noir et Blanc était beaucoup plus alléchant à ce niveau-là. Avec la maison d'édition qui l'a pris, c'est là que la conversation d'avoir la couleur Mais c'est ça, le fait du manga aussi avait beaucoup à jouer là-dedans quand je suis passé
[00:18:31] Speaker A: en premier lieu. Comment vous vivez dans l'entre manga, comics, bande BD, il y a des inspirations qui viennent un peu de tous bords.
Pour vous, qu'est-ce qui distingue le comics du
[00:18:46] Speaker B: manga du BD?
Une grosse distinction, c'est le format.
Évidemment, le comics a été beaucoup...
formatés en style floppy à 22 pages, mensuels.
La bande-dessinée européenne, c'est des albums, habituellement entre 48 et 60 pages.
Puis le manga, la plupart va se retrouver dans les magazines avant d'être publié en gros format de 300 pages.
Aussi, je dirais que les mangas, de la manière qu'ils sont faits et d'une manière beaucoup plus rapide.
J'ai regardé des vidéos des fois des mangakas qui font du 20 pages en une semaine et demie, là c'est comme, c'est à go là. Les créateurs en bande dessinée européenne, la plupart du temps aussi font leurs couleurs eux-mêmes.
C'est un processus qui est plus long parce qu'ils font un album pendant à peu près un an et demi.
Tandis que la bande dessinée américaine, C'est une bande dessinée par mois. C'est un 22 pages par mois.
Maintenant, c'est un petit peu plus large parce que le style a beaucoup amélioré.
C'est beaucoup ça qui va faire la grosse différence entre les trois.
Après ça, je te dirais au niveau du style, les mangas, le layout des pages, souvent on va... premièrement l'histoire, à cause de la manière qu'il faut qu'ils livrent leur histoire, c'est très étiré.
Beaucoup de fois, on va avoir des histoires qui durent très longtemps parce que les panneaux, les images se répètent régulièrement, ce qui fait que ça fait des longues, longues histoires.
Les bandes dessinées européennes, habituellement, c'est des pages qui contiennent entre 8 à 11 cases, donc c'est des histoires beaucoup plus restreintes, plus basées sur raconter l'histoire en tant que telle, par-dessus juste le gros visuel, que le comics fait beaucoup.
Le comics, 4 à 6 images par page, C'est assez, on a une grosse image qui explique, puis on a très peu de choses. Des fois, une image, puis il y a beaucoup d'explications qui vont autour.
Donc la manière d'aborder le sujet de l'histoire est très différente dans
[00:21:20] Speaker A: ces trois formats.
Dans les BD, notamment, en tant que quelqu'un qui a lu beaucoup de BD dans ma vie, il y a aussi une différence entre les BD qui ont une histoire linéaire, dont Sander fait partie, et les BD comme Garçon Lagaffe, Ducobu, Les Preuves, qui sont plutôt comme des petites histoires, une série de cours d'histoire.
Est-ce que vous avez, j'imagine que oui, mais une préférence particulière pour l'un ou pour l'autre, ou est-ce que c'est plutôt une question de, il y a par exemple, Les petites histoires, c'est plus adapté pour le genre
[00:21:51] Speaker B: comédie, par exemple.
Oui, ça c'est un très bon point. En effet, les histoires style Gaston Lagaffe de une page sont très proches du comic strip dans les journaux.
C'est un gag, c'est juste qu'ils l'ont adapté à une page au complet au lieu de le faire. Même, il y avait des bandes dessinées, je pense, je me souviens pas si c'était Gaston Lagaffe ou si c'était quelque chose d'autre, mais des fois c'était des moitiés de pages qui se faisaient comme en... peut-être 4 ou 5 panneaux, qu'ils se rapprochaient beaucoup plus du comic strip de journaux que quand ils ont commencé à le faire par page. Oui, la comédie s'applique beaucoup mieux à ça.
Personnellement, je dirais que c'est l'idée de faire une longue histoire, une longue épique, si tu veux.
découle pas mal plus de mon travail en animation.
Ça en est rendu plus une habitude de travailler sur des longues formes, plus que de travailler sur des petites histoires.
Puis je vais avouer aussi que je ne me trouve pas nécessairement le plus drôle. Fait que faire des bandes dessinées comiques comme Gaston Lagaffe ou Achille Talon, J'ai trop de grands maîtres pour me comparer à ça et je leur
[00:23:14] Speaker A: laisse le travail.
Mais en parlant de Thunder d'ailleurs, C'était quoi justement parler du processus créatif, le fait que des bandes BD comme Gasson Lagaffe, c'est totalement un processus différent que pour quelque chose comme Sunder.
Pour vous, c'était quoi le processus créatif? C'est comment vous avez conceptualisé l'histoire, que vous avez commencé à faire des croquis et éventuellement jusqu'à la publication et contacter Mad Cave et trouver un éditeur? Donc comment est-ce que vous vous êtes pris
[00:23:45] Speaker B: pour faire ça? En fait, Si on parle de l'histoire de Thunder en tant que tel, ça a commencé avec ce personnage-là qui a apparu dans mes livres de sketch.
Je
[00:23:57] Speaker A: faisais des croquis. C'est comme ça
[00:23:58] Speaker B: que ça commence? C'est comme ça que ça commence.
Ce qui est arrivé, c'est quand j'ai déménagé ici en 2015, j'ai commencé à travailler pour un studio d'animation.
Et je prenais le train le matin.
Donc je sketchais pendant une demi-heure, 45 minutes.
Puis à certains points, je faisais beaucoup de personnages. Et un personnage qui se ressemble beaucoup à lui, il a évolué beaucoup depuis.
Mais de ce style-là, j'ai commencé à le dessiner. Puis c'était un design que je trouvais intéressant, donc j'ai comme continué à le dessiner.
Pas longtemps après, celui-là aussi a apparu.
Je dirais que celui-là est beaucoup plus...
basé sur mon intérêt des comic books américains.
C'était gros muscle guy, super-héros. C'était ma version d'un super-héros avec des muscles. Donc, je faisais beaucoup de va-et-vient entre ces deux personnages-là pendant longtemps. Puis, à un moment donné, je pense, si je me souviens bien, dans la dernière page de mon livre de croquis, avant que j'en change à un autre, j'ai fait un dessin avec ces deux-là, un à côté de l'autre.
Juste pour terminer, j'ai marqué Vancouver 2016.
Ça finissait là.
Suite à ça, j'ai commencé à poster des images de ce personnage-là, qu'autant j'appelais «Gold Boy ». J'ai reçu des commentaires des gens qui me disaient «Ah, c'est le fun, c'est un beau personnage, ça serait le fun de savoir c'est quoi ses histoires ». À partir de ça, c'est là que j'ai commencé à me dire «Ben, ça serait quoi les histoires que je ferais avec ce personnage-là? ». C'est là que toutes ces histoires-là ont commencé.
Plus concrètement, je pense qu'en 2018, quand je
[00:25:48] Speaker A: travaillais sur le film «Adam's Family ». Ah oui, vous étiez partie
[00:25:54] Speaker B: de l'équipe qui travaillait sur le film? J'ai fait des storyboards sur le film de «Adam's Family 1 et 2 ». En travaillant sur le premier film, le matin, je faisais beaucoup de sketchs juste pour me réchauffer. Ça faisait longtemps que je n'avais pas fait de bande dessinée en tant que telle.
Je me suis dit que j'ai ce personnage-là que j'aime dessiner beaucoup. À la place de refaire des dessins de lui, je vais faire une petite histoire. J'ai commencé à faire des pages le matin avec une petite histoire.
qui ne tient pas beaucoup de bout, mais c'était juste une petite histoire
[00:26:28] Speaker A: pour voir ce que
[00:26:29] Speaker B: je ferais avec lui. C'est ton premier jet. Premier jet.
Ça a fini par être 32 pages que j'ai imprimées et que j'ai amenées au Fan Expo justement en 2019.
J'avais une table et je la présentais.
Ce n'est pas l'histoire qu'on voit maintenant, mais c'était exactement, comme tu dis, un premier jet.
Ça m'a donné l'intérêt de vouloir poursuivre une histoire avec ces personnages-là.
Je dirais que le temps où j'ai vraiment décidé que ça m'intéressait, c'est lorsque j'ai trouvé la fin de l'histoire.
Quand j'ai trouvé une fin qui m'intéressait pour ces personnages-là, c'est juste que je me
[00:27:10] Speaker A: suis dit que ça m'intéresserait de le faire. Vous parliez d'une fin. Combien de tomes est-ce que vous prévoyez faire? Ça, c'est le tome 1.
Vous pensez
[00:27:17] Speaker B: que ça va aller à combien de tomes?
Est-ce que ça va être notre One Piece?
Oui, c'est ça. Tu sais, quand je disais que ça dure longtemps et longtemps et longtemps, c'est ça.
C'est une histoire qui est complètement terminée dans ma tête.
La manière que je l'ai écrite, elle a une fin.
D'où ce que je disais, quand j'ai trouvé une fin intéressante, c'est là que je trouvais que ça valait la peine.
Donc rétroactivement, j'ai trouvé l'histoire à partir de ça. Donc elle a une fin.
Ceci dit, avec Mad Cave, quand je leur ai proposé l'histoire, eux étaient intéressés à publier l'histoire au complet.
Au départ, c'était censé être deux livres.
Ça a ballonné un petit peu.
Ce premier livre-là était censé être entre 90 et 120 pages. Au départ, ça en est maintenant 170.
Et de fait, le volume 2 et 3 étaient censés être seulement un livre et parce que l'histoire et le processus que j'ai commencé à faire en développant le premier volume, l'histoire a grandi à un point où je trouvais que c'était important de montrer certains aspects.
Donc on se retrouve avec un volume 1, 2 et 3 pour la première partie de cette histoire-là.
Donc, je dirais comme j'en parle beaucoup aux gens habituellement, volume 1 à 3 est un peu...
le Fellowship of the Ring du Seigneur des Anneaux. Ça a établi les personnages, puis ce qu'ils savent qu'ils doivent maintenant faire, ça va être beaucoup de ça.
C'est la prise de conscience de Zee à ce qu'il doit faire dans cette aventure. Parce qu'au départ, tout ce qu'il veut, c'est une aventure.
Il pense qu'il s'en va redonner le livre à son propriétaire. va apprendre à travers tout ça qu'il a une partie beaucoup plus grande à faire dans cette histoire-là. Puis volumes 1 et 3 sont ça.
Volumes 4, 5 et 6 sont «Les deux tours» et «Le retour du roi », où on arrive sur le climax de l'histoire.
Et c'est là qu'on en arrive. Je te dirais...
Ça tourne entre 5 et 7 volumes.
Volumes 4 et 5, dépendamment de comment ça va, peuvent aller jusqu'à 6.
Si c'était juste de moi, j'en ferais 7.
En développant cette histoire-là, j'ai développé des centaines d'années à l'arrière aussi. On pourrait aller très loin avec ça. Peut-être que
[00:30:06] Speaker A: ce sera juste pour des spin-offs après.
On verra. Je voulais poser une question par rapport à ça, aux spin-offs.
L'histoire de Thunder, dans cette forme-là, c'est l'histoire du personnage de Zeke. Mais le fait d'avoir tous ces personnages qui ont, disons, leurs propres enjeux, leurs propres histoires, leurs propres objectifs en arrière de ça, Ça fait en sorte que le dénouement de l'histoire que vous avez en sept tomes ou en cinq tomes, on verra, c'est le dénouement de l'histoire de Zeke, mais est-ce que ce sera aussi un dénouement pour les
[00:30:38] Speaker B: autres personnages, ou est-ce que c'est juste pour Zeke?
Ça, je te dirais que... C'est là que je te dis que j'ai développé l'histoire à travers une longue période de temps dans ce monde-là, et...
Conjointement, une des séries que j'aime beaucoup, c'est L'Incale.
L'Incale, une des séries que j'ai beaucoup aimé à partir de ça, c'était Les Métabarons.
Les Métabarons, ça vient de L'Incale.
Pour moi, Mouse et Money, fittraient très bien dans un spin-off comme Les Métabarons, où ils ont leurs propres aventures. Parce que dans ce livre-là, dans cette histoire-là, on les rencontre à une partie de leur vie où ils ont eu beaucoup d'autres aventures avant ça.
Ils se retrouvent à une place où ils sont comme entre deux travails.
Ils ont certains compatriotes de travail qui sont maintenant Ils en sont maintenant rendus des ennemis.
Donc, il y a beaucoup
[00:31:46] Speaker A: qu'on pourrait faire avec ça, définitivement.
Ce personnage-là aussi... Nous, on le
[00:31:55] Speaker B: voit, ça se voit que c'est
[00:31:56] Speaker A: quelqu'un de sérieux.
Surtout là-dessus, il est très sérieux. Non, mais
[00:32:01] Speaker B: de puissant. On sent la puissance de cette image-là. Ce personnage-là va avoir beaucoup...
beaucoup à voir dans le tome 3 particulièrement et ça c'est un des personnages que j'aimerais beaucoup visiter dans la deuxième partie en sorte de prélude parce qu'il y a une grosse partie à jouer dans l'histoire qui
[00:32:34] Speaker A: se passe avant les événements qui se passent présentement.
Pour ce qui est de, disons, vos projets, outre que Thunder, en ce moment, est-ce que vous êtes concentré sur Thunder et vous terminez l'histoire, ou est-ce que vous
[00:32:54] Speaker B: avez aussi des projets à côté, à part ça?
Parce que je travaille encore activement en animation, je fais du storyboard à temps plein, donc ça, ça se retrouve vraiment à être Un side project, c'est quelque chose que je fais pour l'amour de le faire parce que je veux.
Je veux faire cette histoire-là, je veux la raconter.
Donc, en termes de bande-dessinée, c'est ça qui prend le plus de mon temps.
Au départ, en faisant ce livre-là, dans ma tête, je ne pensais pas à aucune autre histoire. Je vais t'avouer que j'ai déjà commencé à penser à une autre série qui pourrait être juste une histoire en tant que telle ou qui pourrait en être une série.
Je dirais que le plaisir de faire de la bande dessinée a
[00:33:48] Speaker A: commencé à s'étendre un petit peu sur d'autres idées.
Vous parliez plus tôt que vous avez des inspirations qui viennent un peu de partout, de BD, il faut parler de Birdjerk notamment.
En termes des types de personnages que vous avez, est-ce qu'il y a des personnages qui cachent un grand secret?
qu'on critique avec certains bandes dessinées ou certaines histoires, que les personnages sont trop unidimensionnels. Notamment pour les shonen, c'est une critique qui est souvent faite, qu'on a un personnage et on voit un personnage qui arrive et on se dit que c'est le clown.
Lui c'est le gars qui s'entraîne tout le temps, avec des muscles.
Et lui c'est l'antelope. Et elle c'est la magicienne.
Vous êtes quelqu'un qui mettez beaucoup plus d'attention sur la construction et l'écriture du scénario pour les personnages ou plutôt sur le monde qui les entoure. Parce que souvent, c'est ça qu'on retrouve, même dans des séries où on a ce genre de commentaires comme One Piece, on dirait que les personnages sont unidimensionnés, etc.
On a toute une histoire et un monde autour de ça qui est très fort.
Vous disiez plus
[00:35:20] Speaker B: tôt que les Souls, c'est une inspiration pour vous.
Ça c'est quelque chose qui est vraiment basé sur le monde en tant que tel. Le personnage est un personnage.
vraiment secondaire
[00:35:33] Speaker A: pour l'histoire
[00:35:35] Speaker B: parce que ça t'amène dans le monde. Oui, exactement. Il y a beaucoup de personnages qu'on rencontre dans ce monde-là qui sont extrêmement pertinents, mais qu'on ne connaît presque rien de ces personnages-là. Mais je te dirais que pour ce qui en est de ça, l'histoire a beaucoup commencé avec l'environnement et le monde a pris ma part.
Cependant, c'est de là que le livre a ballonné et a grossi, parce que le plus que je continuais à travailler sur l'histoire, je me rendais compte que c'était important de développer les personnages.
Donc, il y a beaucoup d'instances où on va retrouver des personnages qui... On pense qu'ils ont une certaine ligne droite, mais ça ne sera pas ça.
En pensant à l'histoire en tant que telle, qu'est-ce qui serait intéressant à faire, c'est là que ces petites brides ressortent. Puis j'essaie le plus possible d'injecter cette personnalité-là.
Une chose que je trouve pas nécessairement importante, mais ce qui m'intéresse moi beaucoup, c'est l'idée qu'un méchant appartant dans sa tête, pense qu'il fait la bonne chose. Thanos, dans les films de Marvel, est le meilleur exemple de ça. Ce personnage-là ne croit aucunement qu'il fait quelque chose de mauvais. Il va détruire la moitié de l'univers pour faire ce qu'il veut, mais dans sa tête, il fait ça pour le bien du monde.
Ça, c'est quelque chose que moi, je trouve très intéressant, c'est que dans même un...
Un tueur en série, dans sa tête, doit avoir un raisonnement pour ce qu'il pense qu'il fait quelque chose de pas si mal.
Puis, c'est ça qui rend un personnage intéressant, c'est la dualité de tout ce que ça vient avec.
Est-ce que je vais le faire correctement? Est-ce que je vais bien le faire, Bonetia? J'espère.
Mais c'est définitivement
[00:38:00] Speaker A: quelque chose qui m'intéresse à apporter dans le livre. Je voulais savoir votre opinion par rapport à ça justement, parce que je
[00:38:07] Speaker B: crois que dans l'écriture des antagonistes à travers l'histoire, On
[00:38:15] Speaker A: est juste à côté d'un stage en passant, donc... C'est pas grave. Les micros, ils ont
[00:38:20] Speaker B: du noise cancelling, donc c'est quand même... C'est possible. Ah, OK. Fait que là, on va faire
[00:38:24] Speaker A: ça, pis les gens savent pas qu'est-ce qu'on fait. Non, non, ils vont savoir, là. On entend quand même, mais... C'est vrai qu'on entend tout. Mais concernant l'écriture des antagonistes et des méchants dans les histoires, je crois qu'entre, disons, les Disney puis l'ère moderne, donc les 2010, maintenant 2020, il y a comme une rupture épistémologique entre le méchant, c'est le mal incarné, et le méchant, il pense que la fin justifie les moyens. Mais tu sais, la fin, il veut qu'il y ait une fin de prime à mort qui est positive dans sa tête.
J'ai l'impression que c'est pour ça que je vous ai entendu parler de l'animé Freyren. Mais en tout cas, je crois que c'est la raison pour laquelle cet animé-là avait fait autant de fureurs, de controverses par rapport aux méchants, parce que les démons dans Freyren, eux, ils représentent un peu ce mal, incarnent ce mal ontologique.
Alors, est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, on désigne souvent ces méchants, ces antagonistes qui représentent un mal ontologique en tant que, en bon français, cartoon villains. Donc des antagonistes qui sont un peu ridiculisés. Mais en même temps, il y a aussi ceux qui font la critique que, ok, mais est-ce que tous les méchants doivent simplement être, ah, c'est juste qu'il a été mal compris.
Vous, vous vous voyez où dans ce sort
[00:39:58] Speaker B: de débat-là entre qu'est-ce que devrait être un antagoniste?
Il y a quelque chose de valide à avoir un antagoniste qui est purement méchant.
Parce qu'en fait, en bout de ligne, ce qu'on essaie de faire, c'est de raconter une histoire, une histoire qui représente quelque chose pour nous.
Donc cette idée du mal, étant purement mal, mauvais, a une importance quand on raconte des histoires.
Oui, c'est intéressant d'avoir un antagoniste qui est plus humain, Cependant, ça dépend de ce que tu racontes. Si tu racontes une histoire qui a à faire avec le bien et le mal, si le mal est moyen mal, il est presque correct.
Est-ce que le but de ton histoire va bien passer? Est-ce que ce que tu veux raconter va bien passer? C'est un peu comme les mythologies grecques.
[00:41:10] Speaker A: Il y a beaucoup de... Comment
[00:41:14] Speaker B: tu appelles
[00:41:14] Speaker A: ça?
Comme des dieux de panthéon,
[00:41:18] Speaker B: là? Oui. Oui? Des êtres... comme des
[00:41:22] Speaker A: dieux, là? Oui, mais t'sais,
[00:41:24] Speaker B: t'as comme un archétype. Oui, oui. OK,
[00:41:27] Speaker A: oui,
[00:41:27] Speaker B: oui. Les archétypes sont faits pour une raison. Oui. Que t'es quelqu'un de méchant pour être méchant, ça a une raison d'être.
Ça n'a pas une raison d'être nécessairement dans toutes les histoires. C'est là que t'as besoin d'avoir des nuances.
Oui, je trouve que...
Avoir
[00:41:46] Speaker A: un méchant pur a sa place à quelque part. Je crois que l'exemple, je ne sais pas pourquoi j'ai dit Jeffrey, parce que c'est un exemple très intéressant, mais l'exemple, je crois par excellence, de quelqu'un qui est le mal incarné, c'est Saron dans Le Seigneur des Anneaux.
Et je crois que c'est intéressant parce qu'aujourd'hui les gens font cette critique-là aussi un peu en rétrospective.
Mais que ce soit Sauron ou, j'ai oublié, Jaddis, dans les chroniques de Narnia.
Et tu sais, d'ailleurs, ça se savait que Tolkien et C.S. Lewis étaient amis.
Et je crois que c'est Tolkien, non, C.S. Lewis qui avait, je ne me rappelle plus c'était qui qui avait appris, je ne me rappelle plus de l'anecdote, mais l'un des deux avait encouragé l'autre à se convertir au christianisme.
Et c'est assez clair que c'est assez accepté en termes d'un risque.
Autant le Seigneur des Anneaux que les chroniques des Aryens sont quelque soit des allégories publiques.
Et c'est pour ça que l'existence d'un mal incarné et d'un bien pur, c'est quelque chose qui est fondamental à la structure de l'histoire.
Est-ce que vous
[00:43:02] Speaker B: pensez qu'aujourd'hui cette structure narrative a encore sa place?
Selon moi, oui.
Je pense que, justement, dans les récentes années, on voit un mouvement vers la religion qui prend beaucoup plus d'ampleur.
De plus en plus, il y a des gens qui choisissent de ne plus croire en la science et de se revirer vers la religion.
À mon avis, c'est parce que l'être humain a un besoin de croire en quelque chose de plus que lui.
Oui, c'est important de connaître le monde naturel tel qu'il est, d'avoir conscience de ce qu'on est et où on vit. Cependant, en tant que créature émotionnelle, c'est difficile à vivre.
Donc, en ayant cette aide à passer à travers des jours difficiles, ça rend les choses un petit peu plus faciles à digérer.
Que ce soit la religion, que ce soit une histoire, que ce soit des croyances quelconques, pour moi, Pour moi, la religion, la Bible, c'est une histoire.
Est-ce que c'est une histoire qui est vraiment existée ou c'est quelque chose qui nous permet d'avoir des guides dans la vie?
Ça se débat, mais ça a un sens à quelque part pour plusieurs gens.
Donc
[00:44:40] Speaker A: oui, ça vaut la peine d'avoir ce genre de...
Zeke, c'est quelqu'un qui est dans un monastère, justement.
Quelle est la conception de la divinité
[00:45:04] Speaker B: dans Thunder que vous avez créée pour ce monde?
Je dirais que, en étant quelqu'un qui n'est pas croyant moi-même, C'est beaucoup plus un aspect global, un peu comme ce que je disais, ça apporte des réconforts à beaucoup de gens.
Je comprends la validité d'avoir des religions.
Donc c'est quelque chose qui existe dans la civilisation, dans le monde.
Donc c'est pour ça que moi je l'ai inclus là-dedans.
Il y a beaucoup d'histoires, de films que j'aime beaucoup qui ont rapport avec ce genre de choses-là.
Donc c'est un peu un sujet qui m'intéresse aussi, donc je l'ai inclus dedans.
C'était définitivement quelque chose que je n'étais pas sûr. En mettant un monastère, est-ce que les gens vont être pour ou contre? Ils vont se dire «Ah,
[00:46:08] Speaker A: mais c'est religieux, c'est pas religieux ». J'ai l'impression que dans toutes les histoires qui ont une certaine importance, il y a un concept, il y a toujours une église ou quelque chose qui est dans l'histoire.
Et les gens dans l'histoire, ils ont des croyances, ils ont quelque chose de plus grand qu'eux.
Mais souvent, ce que je réalise, c'est que ces histoires-là, ils ont une conception, je ne dirais pas païenne, mais l'idée que les êtres divins vivent parmi nous.
Ils ont directement la main dans ce qui se passe dans l'histoire, comme le fameux «les dieux jouent avec nous ».
Est-ce que c'est quelque chose qui est présent dans le samedi ou c'est vraiment quelque chose qui est plus métaphysique comme ça l'est dans la réalité?
L'idée d'un être suprême, c'est quelque chose qu'on a au-dessus de nous, mais ce n'est pas un être qui interfère directement dans
[00:47:12] Speaker B: ce qui se passe dans le quotidien des gens dans l'histoire.
Je dirais qu'à prime abord,
[00:47:18] Speaker A: c'est une histoire,
[00:47:20] Speaker B: c'est une aventure fantastique avec de la magie.
On peut imaginer. C'est ça. Ces thématiques-là font surface à certains temps. Je ne veux pas en dire trop
[00:47:33] Speaker A: parce que ça a rapport avec l'importance
[00:47:36] Speaker B: plus tard dans l'histoire. Ça va encourager les gens de lire. Je dirais que la manière que j'essaie d'incorporer ça est plus sur un point de vue d'essayer de concilier l'idée de dieux comme on les a avec la science telle qu'on la connaît.
Si les dieux existent dans le monde qu'on a, qui est guéri vers la science beaucoup, comment ces dieux-là pourraient-ils exister de manière réelle?
Est-ce que c'est des dieux magiques? Est-ce que c'est des vrais dieux? Est-ce que c'est des gens qui ont une importance métaphysiquement, physiquement?
Ça fait que j'essaye un petit peu, sans entrer trop en grosse ligne, c'est quand même une histoire d'aventure, on s'amuse.
Oui, je touche à ce sujet-là, mais dans le sens aussi que je touche à la science-fiction.
On va dans l'espace.
Dans cette histoire-là, ils viennent de découvrir le transport interstellaire.
Donc, il y a comme des interactions. Donc, je ne peux pas juste mettre des dieux comme ça si je vais rajouter de la science et de la technologie.
J'essaie de marier un petit peu les deux.
Encore, est-ce que
[00:49:16] Speaker A: ça va bien se faire ou pas, je ne sais pas. Ça a
[00:49:19] Speaker B: l'air de bien
[00:49:19] Speaker A: se passer, vous êtes invité au Fan Expo. Oui, c'est ça.
Par autre point de vue plus technique, Mad Cave, comment est-ce que vous avez découvert qui eux étaient et comment est-ce que vous avez en fait entamé cette relation avec eux
[00:49:33] Speaker B: où maintenant, justement, c'est la maison d'édition qui publie votre ouvrage? Mad Cave, je les ai découverts En 2022, je crois.
J'avais commencé à travailler un petit peu sur le livre, puis j'avais amené comme un pitch pour l'histoire à Emerald City Comic Con, à Seattle. D'accord. Puis là, je faisais le tour un petit peu des bouts, puis Mad Cave avait une table là, J'ai parlé avec le directeur des opérations, Mark Irwin.
Il était là à la table. J'ai commencé à lui parler.
Il était intéressé. Je lui avais envoyé le premier jet. Ils ont refusé.
Mais après un an de retravailler dessus, j'ai comme peaufiné l'histoire, les pages, mon pitch package en partant aussi.
Puis il faisait partie, parce que j'en avais parlé et qu'il y avait eu l'heure favorable avec l'histoire, il faisait partie de je pense six éditeurs que j'ai envoyés.
Incluant Soleil en Europe, j'ai aussi envoyé.
Puis ça a donné que Matt Cave est celui qui m'a récrit en 22 jours, comme quoi il était intéressé à travailler là-dessus.
Donc, c'est de là que la conversation en est arrivée à eux et à GLB.
Ça reste quand
[00:51:08] Speaker A: même que c'est un livre «creator-owned ». C'est curieux parce que moi je suis juriste de formation, je dois toujours le dire à chaque entrevue, les gens vont être entrainés.
Parce que parfois je pose des questions techniques sur genre les deux droits d'auteur et des affaires comme ça parce que c'est un intérêt personnel mais aussi c'est un intérêt pour les gens de savoir comment ça fonctionne en arrière.
C'est quoi le contrat que vous avez avec Matt Cave? Vous parlez justement de creator own, mais en général parfois quand on fait un entretien avec un éditeur, il y a des trois comptes
[00:51:43] Speaker B: à céder, vous vous l'avez arrangé comment votre contrat avec Matt Cave?
C'est mon histoire, ça m'appartient, les personnages m'appartiennent et tout.
Eux ont les droits de publication pendant une période de temps.
C'est essentiellement tout. Ils m'aident à faire, évidemment, l'impression du livre.
C'est eux qui m'ont aidé à trouver le coloriste et le lecteur. Donc, ils ont une partie avec ça.
Donc, c'est de là que ça vient que les...
C'est de là que les profits du livre sont divisés.
Cependant, en termes des droits en factelle, les droits sont faits à moi, sauf les droits de publication, que eux en ont le droit.
Le deal que nous, on a travaillé, c'est qu'ils ont les droits de publication à travers le monde.
Donc, ce qu'on espère aussi, que j'essaie de faire beaucoup, c'est
[00:52:53] Speaker A: que le livre sera traduit en français et en
[00:52:57] Speaker B: d'autres langues aussi. Pour la version française, vous pouvez le faire vous-même?
J'attends juste qu'ils me
[00:53:03] Speaker A: disent que j'ai le droit. Parce que ça va être assez vite. Moi je suis curieux parce que vous dites que vous êtes de Montréal et maintenant vous êtes à Vancouver.
Genre, qu'est-ce qui s'est passé?
Parce que, t'sais, je réalise maintenant que t'sais, je comprends pas pourquoi je vous ai pas posé des questions là-dessus au début.
Donc, vous êtes originaire de Montréal et maintenant vous êtes basé à Vancouver.
Est-ce que c'était
[00:53:26] Speaker B: pour le travail? Genre, comment est-ce que vous vous êtes retrouvés ici?
C'était en grosse partie pour le travail, c'est parce que je travaillais en animation à Montréal.
Le domaine d'animation, quand j'étais là, quand je travaillais, était très très difficile.
Avant de m'en venir ici, j'ai travaillé sur La guerre des tucs, le film La guerre des tucs, le dessin animé.
Mais ça se retrouvait souvent que je me retrouvais à travailler pendant six mois et ensuite je n'avais pas de travail. C'était très difficile.
À ce temps-là, en 2014-2015, les jeux vidéo ont pris beaucoup d'importance à Montréal.
mais moins le dessin animé. Donc, ce qui faisait que ça rendait les choses assez difficiles. J'ai commencé à faire un contrat de travail avec Wildbrain, qui était au temps des HX, sur une série qui s'appelait Littlest Pet Shop. Je travaillais à partir de Montréal là-dessus. Puis, j'ai commencé à leur demander comment ça va, est-ce qu'il y a beaucoup de travail avant de boire et tout.
C'est de là que ça en est venu que ça valait plus la peine de venir ici pour travailler, parce que je cherchais à avoir des gens sur place pour travailler sur les projets.
Ce qui est quand même comique, c'est qu'à travers les années, j'ai travaillé beaucoup avec des studios montréalais à partir d'ici.
D'ailleurs, c'est l'année
[00:55:02] Speaker A: passée,
[00:55:02] Speaker B: je crois, que c'est sorti le film de Noël, Super Klaus. Oui.
J'ai fait le
[00:55:08] Speaker A: storyboard là-dessus. Tout le film a été storyboardé par moi. Seulement moi.
Écoutez, vous viendrez à Comicon Montréal et à l'Otakuto. Moi, je suis partie personne de l'Otakuto et moi, je vous aurais bien invité à l'Otak pour parler de Thunder parce que Moi, personnellement, on a des inspirations communes, on a des intérêts communs, donc c'est quelque chose qui vient vraiment chercher.
Après qu'on finit l'entrevue, j'aimerais bien lire l'histoire parce que c'est quelque chose que moi je trouve intéressant, juste à entendre parler de ce qui se passe dans l'histoire.
Mais en général, moi j'ai hâte de voir où va Thunder et de voir justement l'accumulation de cette fin que vous avez imaginée.
J'espère ne pas être déçu. Parce
[00:55:58] Speaker B: qu'il y a beaucoup de fins où les gens sont déçus, malheureusement. J'espère que tu ne seras pas déçu. C'est comique parce qu'on a parlé de ça, j'ai fait un podcast dernièrement, puis on parlait justement des fins.
On ne parlera pas de la fin des derniers films de Star Wars.
Il y a beaucoup de fins comme la série télé Lost qui était très controversée, la série télé How I Met Your Mother qui était très très controversée.
Il
[00:56:26] Speaker A: y a certains cas où ce que tu dis Game of Thrones! Game of Thrones, c'est pire parce qu'il y a des séries télé où genre ok c'est genre ok ça va ça va ça va puis là la fin c'est genre ça semble abrupt Game of Thrones on sentait l'enfer arriver mais genre on sentait que ça faisait 3 saisons que ça déclinait ça commençait à aller dans tous les sens Ça marchait pas, t'sais. C'est pour ça qu'il dit House of the Dragon. Puisque George R. R. Martin a déjà écrit toute la série,
[00:56:53] Speaker B: qu'il est impliqué dans la production, je sais que ça devrait aller.
Mais en plus, Game of Thrones, après entendre parler que les deux showrunners de Game of Thrones s'en allaient pour faire des films de Star Wars, tu te dis, ok. C'est parce que là, il était étonné et il voulait partir.
Ça, c'est très dommage, honnêtement.
Mais c'est exactement ça. C'est des fins qui se terminent comme ça. Des fois, tu te dis que c'est parce qu'ils ne savaient pas nécessairement où ils allaient en partant qu'ils ont décidé de terminer ça. D'autres fois, How I Met Your Mother est un exemple parfait.
Ils savaient exactement où ils voulaient terminer. Les gens ont juste
[00:57:31] Speaker A: détesté ça à un point qu'ils ont été obligés de le refaire.
Pour Thunder, j'espère qu'une fois que tous les tomes seront publiés, qu'il y aura une adaptation animée, ce serait vraiment cool.
Je crois que le style se prête bien, surtout que vous travaillez à l'animation, donc je crois que c'est naturel que le style se prête bien à l'animation.
des vibes, des dessins animés français, dans les années 2000, que je
[00:57:58] Speaker B: regardais sur TéléToon. Je trouvais que ça serait une bonne série TéléToon.
Il y a une série, je ne me souviens plus malheureusement c'est quoi le nom, mais il y a
[00:58:06] Speaker A: une série d'animés qui étaient faites en France, que j'ai vu dernièrement.
Il y
[00:58:13] Speaker B: en a un bon nombre qui sont faites par des Français, oui.
Oui, mais...
Ça me fâche de parler de ça et de ne pas me souvenir du nom présentement, mais c'était tellement bien.
Je ne sais pas si c'était fait en 2D, mais le look était exactement comme 2D.
C'était un petit peu une série qui ressemblait à ça. Si ça arrive, C'est définitivement le style
[00:58:37] Speaker A: que j'aimerais faire. C'est plus se rapporter au style 2D qu'en 3D. Il y a des séries que les gens ne savent pas que c'est des séries faites en France.
Et pourtant, c'est des séries qui ont marché très bien aux États-Unis et au Canada. Totally Spies.
Je crois que les Miracles, les Silly Bugs, les gens le savent. Ça, c'est plutôt nouveau. Mais aussi la série
[00:58:55] Speaker B: Winx, qui a été faite par des Français.
Donc, c'est pas loin. Les
[00:59:00] Speaker A: deux derniers films des Minions ont été faits par un studio français. Oui, c'est ça.
Mais honnêtement, je vous souhaite de bonnes chances pour l'avenir de Thunder. Moi, j'espère vraiment que ça va bien. Je crois que je n'ai pas besoin d'espérer parce que ça fonctionne. Je crois. Sinon,
[00:59:17] Speaker B: vous ne serez pas ici.
Et j'ai hâte de voir la suite. Et c'est juste parce que je suis vraiment tête de cochon et je me
[00:59:22] Speaker A: dis que même si ça ne marche pas, je vais être ici.
Non, mais je crois que c'est juste avoir la couverture et entendre parler de l'histoire, c'est quelque
[00:59:31] Speaker B: chose qui... Ça ne peut pas ne pas fonctionner.
Mais j'apprécie beaucoup. Honnêtement, je vais dire, j'ai été extrêmement agréablement surpris de la réponse des gens.
Même juste ce week-end, j'ai des gens qui sont venus, puis je vais être honnête, on est difficile à trouver dans notre place, mais j'ai des gens qui sont venus me voir spécifiquement, qui sont revenus et qui me disaient «Ce livre-là, j'ai juste vu la couverture, puis ça m'attrape, puis j'ai le goût de le lire.»
[01:00:02] Speaker A: J'ai reçu du fanart des gens qui me disent
[01:00:04] Speaker B: comment ils l'aiment. Il y a tout un fandom autour de Thunder. Honnêtement, agréablement surpris. Je suis très touché. J'apprécie beaucoup ce que les gens disent du livre. J'espère simplement pouvoir
[01:00:18] Speaker A: leur faire justice et que les gens continuent à apprécier le livre. Pour la fin de l'entrevue, où est-ce
[01:00:24] Speaker B: que les gens peuvent vous suivre et vous retrouver dans vos travaux?
Je suis sur tous les médias sociaux à PA Comptoir, PACOMTOIS, principalement sur tous les médias sociaux.
Je poste principalement sur Instagram, donc toutes les choses. J'ai mon site web www.pacomptoir.com.
où est-ce que vous pouvez trouver les informations, sur le site de MadCave aussi, où est-ce qu'il y a la page de Sunder.
Si vous tapez
[01:01:00] Speaker A: mon nom aussi, je suis malheureusement très facile à trouver en ligne. Je crois que si les gens savent Sunder et mettent votre nom, Ça se retrouve assez facilement. Je
[01:01:09] Speaker B: vois même juste Thunder, ça
[01:01:10] Speaker A: va faire l'affaire. Merci beaucoup à Pierre-Alexandre. Merci à toi,
[01:01:13] Speaker B: c'était bien. Et je serais vraiment excité de te voir à Montréal.
Écoute, j'en ai fait la demande, j'ai pas eu
[01:01:20] Speaker A: de réponse. Si on m'invite, ça va me faire plaisir de retourner. Je vais leur parler. Merci beaucoup et bon retour à la maison parce que
[01:01:29] Speaker B: vous quittez la convention.