Episode Transcript
[00:00:00] Le balado que tu t'apprêtes à écouter, tu peux pas l'entendre ailleurs. C'est une exclusivité.
[00:00:38] Bonsoir tout le monde, bienvenue de retour sur les ondes de ma radio académique. Vous êtes toujours sur CFAQ 88.3 et je suis de retour des vacances en fait.
[00:00:49] Ça fait un moment que j'ai pas eu la chance d'être sur les ondes comme ça. dans une émission mais je crois que les vacances ont valu la peine parce que j'ai collecté un peu de contenu qui va vous plaire pendant les vacances alors que j'ai fait des conférences un peu ici et là entre deux voyages mais Mais si vous avez écouté, mon dieu, je viens d'écouter la pause nouvelle là, puis il n'y a que des mauvaises nouvelles.
[00:01:19] Les tarifs, le chaos, les conflits, ça n'en finit plus.
[00:01:24] Mais de mon côté, heureusement que je ne suis pas une émission d'actualité parce que sinon... Je ne sais pas par où commencer, il y a tellement de choses sur lesquelles parler, mais je crois qu'il y a une chose que je voudrais brièvement adresser, mais ce n'est pas quelque chose qui est dans mes compétences, je ne vais pas parler à ce sujet-là, mais c'est le prix du RAM. Le RAM, c'est une composante critique pour construire, donc c'est Random Access Memory, ça veut dire que c'est une composante de l'ordinateur qui donc stocke les données et le prix du RAM a exposé à un tel point où c'est, je crois que dans l'année qui vient de passer, on a augmenté les prix ont augmenté de 500% et ça c'est surtout à cause évidemment d'une tournure vers l'IA, un virage vers l'IA de plusieurs compagnies, malheureusement incluant Nvidia qui fait des cartes graphiques.
[00:02:30] Mais je vous le dis, si vous avez l'intention de vous acheter quoi que ce soit, que ce soit des parties pour des PC, que ce soit des consoles, ou que ce soit notamment la Nintendo Switch 2 que je me suis procuré récemment. Et justement, j'avais l'intention, parce que c'était pas une urgence là, je fais pas besoin d'une Switch 2 demain, Mais j'avais l'intention d'attendre, comme un Cyber Monday, un truc comme ça, pour avoir une offre et un bon rabais.
[00:03:02] Mais le fait est que, malheureusement, le 1er septembre, Nintendo va augmenter le prix de la Switch de 630 à 680 dollars canadiens, donc au Canada, simplement à cause de l'augmentation du prix du RAM.
[00:03:18] Et c'est simplement devenu le prix n'était plus raisonnable pour Nintendo.
[00:03:27] Pour être honnête, Nintendo, de toute manière, leurs consoles, ils les vendent un peu au prix de production, c'est vraiment sur leurs licences et leurs jeux qu'ils font tous leurs profits.
[00:03:40] Mais aujourd'hui je ne vais pas parler de Nintendo ni de console.
[00:03:45] Je vais parler de quelque chose d'un peu plus proche de moi.
[00:03:51] Personnellement, je ne suis pas quelqu'un qui aime parler de moi. Je trouve que les gens qui parlent d'eux, j'ai tendance à les juger. Je juge des gens souvent et ça fait en sorte que parfois, il y en a qui n'apprécient pas mais je trouve que de mon point de vue, j'ai bien le droit de juger les autres si je trouve qu'ils... qu'ils font quelque chose de mal ou se comportent mal ou ils font quelque chose que je trouve comme objectionnable.
[00:04:22] Mais dans mon cas, je ne suis pas quelqu'un qui trouve que parler de soi-même, ça apporte quoi que ce soit.
[00:04:32] Je crois que c'est quelque chose qu'il doit réserver pour, bon, un mémoire qu'on écrit à la fin de sa vie, etc.
[00:04:39] C'est pas pour faire une parenthèse, mais bon, c'est pas rapport, mais c'est juste pour donner un exemple.
[00:04:46] Je crois que c'est Jordan Bardella, un des chefs de parti en France qui connaît une certaine popularité en ce moment. il va sortir en mémoire.
[00:05:00] Il a 30 ans, je veux dire, qu'on l'aime ou non, qu'est-ce qu'il a comme expérience de vie à 30 ans pour rédiger en mémoire? Bon, c'est vrai, on dit que parfois, il y en a qui vivent des décennies, des années, ce genre de choses-là, mais ça c'est plutôt une question d'acquérir de la sagesse et pas vraiment de quoi écrire toute une expérience de vie.
[00:05:23] Mais moi, la raison pourquoi, comme j'ai un peu abordé le sujet ainsi, de manière un peu compliquée, c'est parce que je trouvais que tout le temps que j'ai passé dans les événements, que ce soit à l'Ottakoton cette année, au début de ce mois, ou que ce soit dans des événements précédents, que j'y sois allé en tant que journaliste ou en tant que conférencier, Il y a des gens qui viennent souvent me voir et me poser des questions et parfois je reçois même des gens qui me textent en ligne par la suite. D'ailleurs c'est vraiment fou comme une anecdote que je peux peut-être raconter rapidement.
[00:06:08] C'est donc Bassman Reviews qui est un YouTuber quand même qui a maintenant des milliers d'abonnés.
[00:06:18] qui couvre surtout les oeuvres de Naoki Urasawa, donc l'auteur Naoki Urasawa, le mangaka, et les jeux de Saye Devi dont Steins Gate fait partie de la franchise.
[00:06:38] Bassem, il m'entendait parler de ça, il me tuerait. Mais en tout cas, Basse, c'est quelqu'un que je connais surprenamment depuis plusieurs années avant qu'il commence sa chaîne YouTube et qu'il fasse quoi que ce soit. Mais vraiment, lui, il a mis vraiment beaucoup d'efforts sur sa chaîne YouTube. C'est pas juste une archive comme ce que moi je fais. Je fais juste mettre des vidéos de manière archivistique là-dedans. Non, lui, il fait des... des vidéos-essais, du contenu, des revues, des affaires vraiment de qualité et vraiment pour un public qui est intéressé dans les sujets sur lesquels il parle.
[00:07:11] Mais basse, en 2023, j'étais allé à Anime North en mai 2023 pour faire une conférence sur plusieurs choses. En 2020, j'ai fait 6 conférences.
[00:07:25] Notamment, il y a eu une conférence que j'avais faite sur les Végeux au Naval, en soirée à 21h si je me rappelle bien.
[00:07:32] Mais Bass, il y avait assisté.
[00:07:34] Il est venu me voir au milieu de la nuit. C'est vraiment drôle comment c'est arrivé parce que l'événement se passe à l'hôtel Delta près de l'aéroport à Toronto.
[00:07:47] Et moi j'étais sorti, c'était une bonne nuit de la nuit là, il était 22h30 je crois, là j'étais sortis puis j'allais rentrer me coucher en fait.
[00:07:57] Mais là je sors et je vais aller marcher à mon hôtel.
[00:08:03] Et là, il m'accoste au milieu de la rue, puis il me dit «Hey, j'ai adoré ton panel!». Puis là, on commence à parler. Puis là, on parle pendant comme 20 minutes de Véjo le Novel.
[00:08:14] Et c'est fou parce qu'après, il m'a dit que c'est un peu ça qui l'a lui-même encouragé à faire des panels et plus tard à créer sa chaîne YouTube. Donc voilà, parfois, on réalise que parfois, on parle à des gens, puis ça les encourage à faire des choses.
[00:08:30] C'est bien, mais de mon bord, j'ai toujours, disons, maintenant ce n'est plus le cas, mais souvent j'ai été le plus jeune dans la salle.
[00:08:42] C'est encore le cas pour le Nadeshio Club, mais ça c'est une autre affaire. Mais quand j'ai commencé comme journaliste en 2020, quand j'ai commencé à faire des conférences en 2022, j'étais parmi les plus jeunes, parmi ceux qui qui en faisaient et c'est quelque chose qui honnêtement qui m'a donné une énorme marge de manoeuvre parce qu'avec le temps j'ai réalisé que maintenant quand je regarde dans le passé les conférences que j'avais données à l'époque il y en a beaucoup sur lesquelles que je regarde maintenant et que je suis un peu embarrassé là j'avoue que ça avait l'air un peu amateur mais Bon, je me dis aussi que je l'étais aussi à l'époque, j'étais un amateur. Et ça, c'est quelque chose que beaucoup de gens, je crois, réalisent lorsqu'ils se lancent dans des projets de ce genre. Parfois, on a une passion et on veut l'exploiter, on veut en faire quelque chose, on veut essayer d'accomplir quelque chose avec ça.
[00:09:46] C'est simplement le fait que parfois, c'est une question de talent, c'est juste la réalité humaine. Parfois on a du talent pour quelque chose, parfois on ne l'a pas. Moi j'ai du talent pour faire des discours, pour parler en public, je n'ai pas de gêne par rapport à ça. Et ça m'a aidé que même lorsque j'avais des performances catastrophiques, pas parce que je bégaye pendant une heure, mais parce que simplement, soit j'avais littéralement un conflit, en pleine conférence avec un co-conférencier, ça c'est déjà arrivé, soit parce que j'ai eu un problème technique, ça ça arrive à chaque fois, on prévoit, on fait des copies maintenant, on le sait, soit parce que bon j'ai... Après les conférences, ça c'est fou parce que ça m'arrive plus, mais après les conférences je me rappelle, c'est comme quand vous êtes en argument avec quelqu'un, et là plus tard dans la douche vous vous pensez à un argument, vous êtes comme ah j'aurais dû dire ça, C'est la même chose dans les conférences, je finissais et puis dans la douche j'étais comme ah ben j'aurais dû parler de ça et de ci et machin, ah ben je laisserai ça pour l'année prochaine et finalement j'en parle jamais.
[00:10:50] Mais donc justement je crois que c'est un bon point de départ pour commencer le sujet dont je veux parler dans l'émission d'aujourd'hui qui est Comment allier l'utile à l'agréable? Et désolé, je vole complètement cette phrase-là du professeur Thomas Burelli, qui m'a appris cette phrase, mais que j'aime bien, parce que c'est ce que j'ai fait toute ma vie, et honnêtement, j'espère continuer à pouvoir le faire dans l'avenir proche. Mais après la pause, je voudrais commencer à parler un peu du chemin que moi j'ai pris, et des leçons que j'ai tirées, et peut-être d'autres personnes en apprendront quelque chose, que ce soit en tant que journaliste, en tant qu'académique, ou en tant que conférencier, ou en tant qu'otaku.
[00:11:38] Je porte plusieurs chapeaux, mais un peu ils finissent par tous se mélanger à certains égards surprenamment.
[00:11:49] Mais tout ça j'en parlerai tout de suite après la pause.
[00:12:05] Donc de retour sur l'émission où justement j'avais commencé par aborder le sujet de comment on allie l'illusive à l'agréable. C'est quelque chose que plusieurs personnes, je suis sûr, dans cette faculté à l'université ou sur le campus, qui m'écoutent en ce moment ou qui m'écouteront plus tard, se sont déjà posés, peut-être pas explicitement, mais peut-être implicitement, que vous êtes, oui, des chercheurs, des étudiants, des personnes à l'université qui avaient des prospectifs de carrière et qui voulaient accomplir une carrière, mais certainement vous avez des intérêts, des passions personnelles que vous voulez aussi explorer. Pour certains c'est la musique, pour d'autres c'est les jeux vidéo, pour d'autres c'est les animés, comme pour moi, jeux vidéo, animés, les deux dans ce cas-là. Pour d'autres personnes c'est par exemple la littérature, si vous ne faites pas des études en littérature, l'histoire, etc.
[00:13:03] Et souvent c'est plusieurs de ces choses-là en même temps.
[00:13:06] Et dans la vie, c'est simplement par effet de pragmatisme qu'on choisit de prendre la voie qui... En fait, c'était peut-être comme ça avant, maintenant les gens font de plus en plus d'autres choix, mais peut-être de prendre la voie de c'est quoi qui va nous rapporter la profession la plus gratif dans l'avenir. C'est comme la blague, je crois, dans la chaîne YouTube Le Rire Jaune, les deux chinois-français qui faisaient la blague. Pour les parents chinois, il y a trois professions à accepter, c'est avec l'acronyme AMI, avocat, médecin, ingénieur.
[00:13:46] Si vous ne faites pas l'un de ces trois, vous êtes l'ennemi.
[00:13:48] Et c'est dit en blague, mais c'est vrai que Bon, pas au sens stricto sensu évidemment, mais à certains égards c'est vrai que lorsqu'on vient d'une famille érudite, d'un certain niveau d'éducation, d'un certain niveau de classe sociale, sociologiquement, c'est quelque chose qui est certainement attendue de nous, qu'on accomplisse quelque chose de notre vie et que, évidemment, l'idéal c'est qu'on fasse mieux que nos parents, qu'on surpasse nos parents.
[00:14:24] Alors que les attentes dans des familles où les parents ont peut-être eu des professions plus modestes, les attentes sont moindres, même si, évidemment, ils veulent aussi que leurs enfants fassent mieux.
[00:14:38] Mais c'est simplement ce fait-là qui fait en sorte qu'il y a beaucoup de gens qui se retrouvent dans des professions qui, évidemment, à la fin, se sentent misérables. C'est quelque chose qu'on retrouve souvent, d'ailleurs, dans des séries japonaises. Les gens me demandent souvent «Ah, mais pourquoi ce serait bien? Pourquoi est-ce qu'ils trouvent ça même un peu creepy que les thèmes et les lieux pour les animés de romances, etc.
[00:15:07] qui ont du contenu plutôt mature, etc.
[00:15:10] du fan service. Pourquoi est-ce que c'est toujours avec des étudiants du secondaire? Pourquoi est-ce que c'est toujours comme des écoliers qui ont 15-16 ans? Surtout pour les filles, les écolières.
[00:15:21] Mais moi, j'explique toujours que sociologiquement, ça s'explique au Japon, c'est pas que c'est tous des pervers. Non, c'est le fait que pour la plupart des Japonais, incluant la plupart des auteurs de mangaka, le secondaire était le dernier endroit où ils pouvaient avoir une certaine liberté dans le sens où il n'y avait pas cette espèce de pression et d'attente appuyée sur eux où ils devaient vraiment se consacrer entièrement à la vie adulte. Donc il y a comme vraiment cette séparation, cette rupture, je dirais même une rupture épistémique entre ce qu'est être un mineur et ce qu'est être un majeur. Donc c'est pas simplement une espèce d'âge abstrait qu'une fois qu'on traverse la ligne de 18 ans ou qu'une fois qu'on monte au cégep dans le contexte du Québec et qu'on monte à l'université.
[00:16:19] C'est pas ça. C'est vraiment un changement de paradigme total. Et c'est ça qui fait en sorte que Il y a beaucoup d'auteurs japonais qui sont, et ça c'est pas juste les japonais d'ailleurs, on va retrouver ça chez les coréens et les chinois aussi, qu'il y a beaucoup de settings dans les écoles secondaires. Et de même, pourquoi est-ce que, autant dans les mangas que dans les manoirs, on retrouve des personnages de isekai, c'est-à-dire des personnages qui ont été transportés dans un autre monde, qui ont été réincarnés parce qu'ils sont décédés dans le monde réel, le monde dans lequel nous vivons. Ils sont décédés de quoi? De ce que les japonais appellent «karoshi », ça veut dire «mourir au travail». Ce n'est pas nécessairement se suicider.
[00:16:59] mais véritablement travailler jusqu'à en mourir, comme se priver de sommeil, se priver de manger, se priver d'eau pour accomplir son travail jusqu'au point où on en meurt. Et ça c'est un phénomène qui est documenté, qui est bien réel, c'est pas un mythe qui existe au Japon.
[00:17:20] Et ça fait en sorte qu'il y a cette dichotomie entre la fantaisie idéalisée du secondaire, parce qu'évidemment, dans la réalité, il y a beaucoup de problèmes, il y a aussi une pression sociale, il y a aussi beaucoup de classisme, il y a de la ségrégation sociale, il y de l'intimidation, etc. qui se fait, mais c'est cette image idéalisée du secondaire Versus de l'autre bord, c'est l'enfer de l'âge adulte où on travaille 80 heures par semaine, on n'a pas de vie et oublier de fonder une famille, de faire des enfants, ça explique vraiment quand on voit, c'est même pas besoin d'y réfléchir, c'est même intuitif au point quand on regarde à quel point Certains phénomènes au Japon et en Corée notamment sont dystopiens qu'ils ne font même plus d'enfants. C'est pire en Corée qu'au Japon mais quand même c'est un phénomène assez prononcé.
[00:18:23] Il y a des villages antiques qui se vident au Japon et en Corée c'est encore pire.
[00:18:28] On voit un rétrécissement de la population qui va se faire prochainement.
[00:18:33] Et la raison pourquoi j'en parle c'est parce que je dis que Souvent, dans notre vie, on choisit de faire des sacrifices pour accomplir certains buts. Et souvent, ce n'est pas pour nous, c'est pour faire plaisir à d'autres personnes.
[00:18:48] Et ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose. Parfois, faire des sacrifices pour les autres, c'est quelque chose de parfaitement silouable.
[00:19:01] C'est au détriment de son bien-être à long terme, lorsqu'on sacrifie son propre avenir même.
[00:19:11] C'est pas quelque chose à court terme que je vais prendre une journée de congé pour aider mes parents qui sont aînés.
[00:19:20] à ranger la maison. C'est pas ça. Ça c'est un sacrifice limité et louable. Mais c'est plutôt l'idée de, ah, est-ce que je vais, je sais pas, sacrifier le reste de ma vie pour prendre soin d'une autre personne ou pour m'occuper d'une autre personne.
[00:19:41] Ça c'est...
[00:19:42] Ça c'est quelque chose d'autre. Souvent, par exemple, il y en a qui ont des frères et des sœurs qui ont des handicaps sérieux et ils se retrouvent à être comme un peu les pères aidants à vie.
[00:19:56] Et ça parfois je trouve que c'est un sacrifice qui en demande beaucoup.
[00:20:00] Je comprends pourquoi il y a ceux qui choisissent de le prendre tout comme il y en a que nous. J'en raconte dans mon cadre de travail en tant que juriste, quand je vais à la course, c'est quelque chose que je raconte souvent.
[00:20:15] Et pour moi c'est quelque chose qui est difficile. Moi je ne peux pas m'imaginer avoir à faire ce choix-là.
[00:20:24] Lorsque je suis en face de ça, c'est là que je réalise qu'il y a beaucoup de gens qui font ces sacrifices-là à chaque jour.
[00:20:29] Et c'est là où mon conseil, mon sujet d'allier l'utile à l'agréable, ça vient en jeu. Évidemment, l'exemple que je donne sur les proches aidants, c'est un exemple extrême, mais dans la réalité, Il y a plusieurs personnes qui, peut-être, sont rentrées dans des domaines ici, même à l'université, qui, peut-être, c'était pas leur rêve, peut-être... D'ailleurs, je vais le dire, moi, quand j'étais plus jeune, mon rêve, c'était de devenir astronaute. Je voulais aller dans l'espace et tout. Bon, évidemment, c'est pas là où je me suis retrouvé, mais je regrette pas du tout mon choix. Moi, j'aime bien être juriste, ça rentre totalement dans mes intérêts. Mais évidemment, j'ai d'autres intérêts adjacents qui ont beaucoup d'importance Aussi, par exemple, même dans ma propre profession de droit en tant que juriste, j'aime le droit, mais je ne suis pas quelqu'un qui est très passionné du droit privé par exemple, je ne suis pas quelqu'un qui aime, qui va parler de long en large sur le droit des biens, peut-être je pourrais faire...
[00:21:36] un petit article là-dessus. Mais est-ce que je voudrais dédier ma vie à faire de la recherche sur le droit des biens ou sur l'interprétation statutaire? Non, ce n'est pas quelque chose qui m'intéresse personnellement, mais je suis quelqu'un qui est intéressé par les questions politiques et le monde politique. Alors, qu'est-ce que j'ai choisi de faire? Je me suis lancé dans le droit constitutionnel. C'est dans ça que je fais ma maîtrise et je vais probablement poursuivre mon doctorat dans le domaine également.
[00:22:00] Donc ça, c'est juste un petit exemple de comment J'ai pu rallier ces deux intérêts-là.
[00:22:06] Peut-être que ce n'est pas aussi facile qu'on le pense, mais j'ai eu l'opportunité, je l'ai prise. C'est un exemple, certainement, de comment on peut allier l'étudiant à l'agréable. Je suis allé même plus loin.
[00:22:20] Avant que je rentre au même endroit, j'étais le rédacteur en chef de mon journal étudiant au Cégep.
[00:22:29] À l'époque, le journal étudiant, le Marinapolis Trailer View, était un peu en déclin.
[00:22:36] On connaissait une période difficile.
[00:22:38] Là, on était en pleine Covid.
[00:22:41] Donc j'ai décidé de prendre une initiative et commencer à recruter des membres du club animé où j'étais aussi exécutif pour devenir exécutif du journal et devenir membre du comité de rédaction et en fait on a commencé à écrire, à publier des articles sur Hololive et des Vtubers et honnêtement ça a tellement bien marché, les gens ont adoré.
[00:23:05] et c'est cette opportunité là, c'est cette brèche là qui m'a fait repérer par d'autres publications qui m'ont fait des offres par la suite pour venir travailler pour eux et c'est comme ça que j'ai lancé ma sorte de pseudo carrière de journaliste parce que j'ai encore de la misère à m'appeler un journaliste même aujourd'hui même si j'assiste à des événements et je les couvre parce que C'est sûr que c'est quelque chose que je fais certainement plus par passion et par intérêt personnel que par profession. Par exemple, pour toutes les émissions que j'ai faites et pour l'émission d'aujourd'hui, je considère la préparation que je fais comme une pseudo-préparation. Pas parce que je rentre dans mon émission pas organisé, pas préparé, pas avec mes idées en tête de quoi je vais parler, pas avec un plan, mais parce que c'est quelque chose sur lequel je veux déjà parler de toute manière.
[00:23:56] Je faisais la blague dans l'émission que j'enregistre pour la semaine prochaine, plutôt aujourd'hui, que je dois rappeler à mon émission et compagnie parce que, honnêtement, la grande majorité des invités que j'ai sur mon émission, c'est des gens que j'ai rencontrés à travers les années, certains qui sont devenus des amis à moi, et avec qui j'ai fait toutes sortes d'affaires, j'ai participé, on a partagé la même chambre d'hôtel, on a fait toutes sortes de d'activités ensemble.
[00:24:32] Et c'est des gens qui, plus tard, quand j'ai lancé mon émission, c'est pour ça que je peux avoir une cinquantaine, pas une cinquantaine bientôt, mais une quarantaine, j'ai 45 épisodes maintenant, c'est grâce à ces gens-là. Et ça c'est une autre leçon que je crois que des gens parfois ils ratent, ils abandonnent trop tôt en fait.
[00:24:56] C'est très rare, ça peut arriver, mais c'est très rare que lorsqu'on se tente dans quelque chose et qu'on essaie quelque chose de nouveau et qu'on poursuit une passion, ça va payer, que c'est quelque chose qui va immédiatement redonner des retombées tout de suite.
[00:25:16] C'est plutôt quelque chose, c'est comme un investissement et c'est probable aussi, ça dépend de quoi, mais c'est probable que peut-être ça ne va aller nulle part.
[00:25:27] Mais c'est aussi davantage probable, moi je considère au moins, de mon expérience personnelle et aussi de ce que j'ai vu les autres autour de moi faire, que si on met de l'effort et on y met du soi, et on trouve notre propre chemin, on peut se forger une place dans un domaine dans lequel peut-être on pensait qu'on ne pourrait pas percer.
[00:26:00] Et c'était vrai pour moi, dans mon cas, autant pour le journaliste que pour les conférences dans des conventions, Autant que pendant le monde académique, j'ai pris simplement les opportunités qui m'étaient venues en chemin et je les ai utilisées pour le mieux. Et c'est vrai pour mon ami Bass aussi, qui lui, il y a deux ans, il n'était pas simple, parce que quand même, il écrivait un fouin novel, qui est quand même l'une des plus grosses publications sur les vieux jours de novel. Mais il s'est parti une chaîne YouTube, il a commencé à parler de ça y est des vies, puis maintenant il a... Il a 3000 abonnés plus et il fait 20 000 vues par vidéo puis il gagne bien.
[00:26:46] Bon, je sais pas qu'il gagne bien sa vie mais il a une chaîne YouTube qui est en bonne santé et qui est croissante.
[00:26:54] C'est juste pour montrer un exemple ou quelques exemples de comment est-ce que ça c'est possible à faire. Et c'est vrai aussi pour le professeur Thomas Biréli qui est aussi un ancien professeur, maintenant devenu un collègue, un ami.
[00:27:06] Et c'est quelqu'un qui est rentré dans le domaine du droit par l'entremise du droit de l'environnement, le droit autochtone. C'est dans ça qu'il a fait sa recherche, sa thèse de doctorat même, que j'ai lu d'ailleurs, c'est une brique de 600 pages.
[00:27:21] Mais c'est par ça qu'il est rentré, c'est par cette porte là.
[00:27:27] Mais lui il est passionné de jeux vidéo, il l'a toujours été et c'est devenu tellement une passion que c'était rendu une obsession où il a commencé à faire de la recherche sur comment le droit intersecte avec le monde du jeu vidéo dans tous ses aspects.
[00:27:43] Et c'est comme ça que lui, pendant la pandémie, lorsqu'on sortait de ça, il avait fait une blague à la doyenne à l'époque, Marie-Eve Sylvestre, sur le fait de créer un cours sur le droit des jeux vidéo.
[00:28:00] Et ça s'est créé, elle a dit mais vas-y, monte le cours, si tu penses que tu es capable de monter un cours, vas-y monte un cours, pourquoi pas, on peut le mettre en tant que cours optionnel, c'est en droit, c'est parfaitement commode. Et c'est comme ça que moi, puis d'autres, on a fini par le rencontrer, ça a créé comme un effet boule de neige où maintenant, je lui ai fait contact et maintenant c'est un invité régulier à l'Otakuton, il le présente à chaque année, il présente trois conférences à chaque année. à l'OTAC et moi je trouve que ça c'est quelque chose qui est bien parce que c'est pas juste pour pour moi ou pour lui mais c'est aussi pour pour les publics parce qu'ils sont capables d'avoir un homme du monde académique, un vrai de vrai professeur qui a des compétences dans le domaine, qui peut venir décortiquer tous ces sujets là pour un public lambda et moi je trouve que ça c'est c'est quelque chose de parfait c'est vraiment un résultat concret de comment on peut allier l'utile à l'agréable.
[00:28:56] D'autre part, moi-même, je me rappelle une anecdote un peu drôle. Quand j'ai commencé à rédiger des articles sur le jeu vidéo et éventuellement le droit des jeux vidéo parce que je me dirigeais un peu dans cette ligne-là de toute manière et rencontrer le professeur Burilli, prendre son cours, c'était complètement une coïncidence que j'ai eu cette chance-là que ça s'est intersecté ensemble.
[00:29:26] Le fait que j'ai commencé à écrire sur les jeux vidéo et le droit de jeu vidéo dans des publications.
[00:29:33] Au début, j'écrivais ça parce que moi, j'aime écrire sur ce sujet-là.
[00:29:39] Et ma mère, elle était... Je dirais même pas choquée, elle était horrifiée.
[00:29:44] Elle avait... Et ça, c'est pas des blagues. Elle avait peur que j'étais devenu un gamer. Et pour elle, gamer, c'est comme... C'est l'équivalent d'être loser. C'est la pire chose qu'on peut être dans le monde. c'est pas acceptable d'être ça.
[00:29:59] Elles pensent que c'est comme tu vas devenir un streamer Twitch avec 50 ou 50 c'est généreux, 10 ou même 5 visionnements en direct et tu vas passer tes journées à jouer à des jeux en ligne. en espérant que d'autres personnes te regardent. Honnêtement, une petite parenthèse, mais ça c'est quelque chose que j'ai jamais compris, regarder les autres personnes jouer.
[00:30:27] Personnellement, le streaming c'est quelque chose que je trouve complètement débile.
[00:30:32] Si je regarde quelqu'un d'autre jouer, je veux qu'il ajoute quelque chose. GDG, il faisait l'esprit narratif, ça c'est bien l'esprit narratif, parce que là il ajoute quelque chose, il ajoute une histoire, il en fait quelque chose.
[00:30:42] c'est bien mais mais sinon les let's play juste comme ça avec du commentariat moi ça m'intéresse pas là si je regarde un let's play pour un jeu que j'ai pas l'intention de jouer là je vais regarder un let's play sans commentaire mais fermons la parenthèse pour revenir Ce dont je parlais, ma mère était horrifiée que je devienne un gamer. Elle pensait que je deviendrais un testeur de jeux vidéo qui sera payé au compte-goût. Même aujourd'hui, c'est encore le cas. Je crois que les testeurs de jeux vidéo sont payés 21$ l'heure.
[00:31:15] Un salaire vraiment piteux.
[00:31:19] Je ne veux pas insulter les testeurs de jeu vidéo, mais franchement, ce n'est pas vivable, un salaire de 21$ l'heure. C'est vraiment...
[00:31:27] C'est difficile en tout cas, on doit faire des sacrifices pour vivre sur ça.
[00:31:32] Mais oui, chez ses parents, dans tous les cas.
[00:31:36] Mais dans mon cas, j'ai réussi à convaincre ma mère que c'est quelque chose... C'est pas de... C'est pas ce qu'elle pensait.
[00:31:44] Je passerai pas mon temps à tester des jeux vidéo. D'ailleurs, ça c'est une innovation que j'ai apportée parce que oui, il y a beaucoup de gens dans le domaine qui... tests de jeux vidéo. D'ailleurs la plupart c'est ça qu'ils font.
[00:31:56] Malheureusement ça donne des revues de piètre qualité parce qu'ils jouent pas au jeu au complet. Parce que si tu joues au jeu au complet, tu vas passer deux semaines à écrire un article.
[00:32:07] C'est simplement pas faisable si tu écris un article au jour ou deux jours.
[00:32:11] Mais dans tous les cas, moi j'ai écrit plutôt des articles variétés, donc des articles sur des sujets d'actualité, j'en faisais comme des chroniques.
[00:32:19] Donc j'étais chroniqueur.
[00:32:20] Et au début, j'écrivais ça simplement parce que je trouvais ça cool d'avoir comme une espèce de petit portfolio de publication. Comme ça, je pourrais montrer aux stars, regarde, j'écris un article. Mais là, le truc, c'est qu'éventuellement, je commençais à recevoir de l'attention de plus grosses compagnies comme Valnet, etc., qui voulaient me recruter. Et là, j'ai commencé à écrire des articles en tant que pêchiste pour d'autres personnes. pour d'autres publications. Et là, ça a commencé à rapporter un peu d'argent. Je n'étais pas payé au mot, à la pièce, comme on dit.
[00:32:52] Ce n'était pas le salaire faramineux. Mais c'est quand même quelque chose. Parce que moi, j'ai quand même une définition assez étroite de ce que ça veut dire être un professionnel. On peut se commencer à s'appeler professionnel lorsqu'on commence à être payé pour nos services. Lorsque les gens commencent à nous payer pour nos services, on peut se considérer comme un professionnel dans quelque chose.
[00:33:14] Et ça, je considère que c'est quelque chose qui m'a donné vraiment une fibre professionnelle dans le domaine des médias.
[00:33:24] Même si la régularité, ce n'était pas toujours là pour moi.
[00:33:27] C'était vraiment plus un hobby qu'autre chose. Mais je commençais à être payé.
[00:33:32] Et ça faisait en sorte qu'en même temps, mais justement, ce n'était pas pour rien non plus parce que mon travail de journaliste, ça m'octroyait aussi, ça faisait que j'acquérissais certaines habiletés, par exemple en rédaction, en édition, en relecture, en recherche aussi parce qu'il faut faire de la recherche pour les articles. Et ça c'est avant l'IA en plus.
[00:33:59] Aujourd'hui d'ailleurs c'est plus viable à cause de l'IA, les journalistes se font massacrer surtout dans le domaine du gaming media.
[00:34:06] Mais voilà, ça octroyait des compétences et ça développait des compétences qui me servent encore aujourd'hui et qui m'ont servi plus tard avec notamment quand j'ai été embauché pour travailler sur la revue de droit à Ottawa. Et d'ailleurs ça je l'ai mis sans aucune gêne, il y en a peut-être qui dirait journaliste de jeux vidéo et qui trouverait ça un peu à côté de la plaque de mettre ça dans un CV professionnel. Imagine, j'applique dans des cabins d'avocats et j'écris que je suis journaliste de jeux vidéo et que j'écris pour...
[00:34:43] pour AnimeNews.org et GameRant.
[00:34:47] Mais contrairement à ce qu'on peut penser, j'ai eu des avocats qui m'ont demandé... Ah ouais, en passant, j'ai une question.
[00:34:57] C'est quoi ton anime préféré? Donc là on réalise que parfois on trouve des gens sur le même niveau et là on passe le vibe check et ça peut aider professionnellement. Je vous le dis, ça c'est un secret qui est vraiment mal gardé mais plusieurs le savent.
[00:35:14] Outre le népotisme ou le borderline, le favoritisme, quand c'est une pratique établie, c'est pas bien. Même si du côté du népotisme, je trouve que la compétence, c'est ça qui apporte le plus. Moi, ça me dérange pas de recruter des membres de la famille si c'est des gens compétents. Ma mère, elle me recommande à des emplois, à ses collègues, vice versa.
[00:35:41] Ma sœur, je la recommande dans des emplois. Si je considère qu'elle est compétente, ce n'est pas un souci pour moi.
[00:35:49] Mais du côté du favoritisme, là c'est quelque chose qui prouve que le monde est injuste, mais c'est ainsi.
[00:35:57] Souvent, on peut se faire embaucher dans des emplois.
[00:36:01] Même si les notes ne sont pas au niveau, et je vous ai dit au bac, maintenant j'ai une moyenne de A ou de A-, je ne me rappelle plus exactement, je suis sur la ligne à la maîtrise. Mais quand j'étais au bac, j'avais une moyenne de genre C.
[00:36:16] Mais j'ai été recruté autant pour la maîtrise que dans des cabinets d'avocats et ça c'est simplement une réalité du monde professionnel.
[00:36:33] mais par le fait que souvent, la personne en face de toi, elle te trouve cool.
[00:36:40] Elle trouve que lui, il passe le vibe check, puis c'est quelqu'un avec qui moi j'aimerais travailler, puis je trouve que c'est quelqu un qui est bon, qui a une passion, etc.
[00:36:50] D'ailleurs, mon premier emploi dans un cabinet d'avocat à Simmons Law en 2022, c'était ça aussi.
[00:36:58] C'était des intérêts qui convergeaient. Même chose en 2023, le fait que je me fasse embaucher à la ville d'Ottawa.
[00:37:08] Tout ça, c'est des... Il y avait le mix de la méritocratie, la compétence, etc.
[00:37:16] Le côté du mérite, mais évidemment, moi j'inscris peut-être ça un peu dans le côté du mérit également, mais le fait d'être capable de détecter que quelqu'un sur le même niveau que toi et de prendre avantage de ça et de s'en servir pour en faire du mieux qu'on peut.
[00:37:38] À la fin de la journée, toi t'as un emploi et l'autre personne en face a un employé.
[00:37:44] Pour moi c'est gagnant-gagnant évidemment tant que toi tu fasses l'emploi.
[00:37:49] Si après tu fais n'importe quoi, ça c'est sur toi, c'est à ton propre désavantage de faire ça parce qu'après tu perds une référence, potentiellement tu vas te faire blacklister par d'autres organisations parce qu'ils vont t'appeler et te dire «embauche pas ce gars-là ou cette fille-là». Mais voilà, c'est pour ça que je trouve qu'il ne faut pas cacher ses intérêts convergents. Il ne faut pas penser que dire qu'on est intéressé par les mangas ou les jeux vidéo ou par les animés ou par peu importe les tokusatsu, je ne sais pas, que c'est quelque chose qu'il faut mettre dans le placard et pour paraître le plus «normal» possible, Parce que pour moi, quelqu'un qui paraît normal, c'est par son attitude, son comportement.
[00:38:40] Le fait qu'on est normal, c'est le fait.
[00:38:45] qu'on soit des membres productifs de la société. Ce n'est pas par nos intérêts personnels, aussi bizarres qu'ils soient, qu'on peut être jugé comme normal ou anormal. D'ailleurs, tu sais, un des invités à qui j'ai interviewé quand j'étais au YetiCon, Stéphane, d'ailleurs qui a été très gentil avec moi, vous l'écouterez dans l'émission la semaine prochaine.
[00:39:05] Mais lui, c'est quelqu'un qui a 35 ans, dans la mi-trentaine, cosplay professionnel, il vient au YetiCon chaque année, Il dépense énormément d'argent sur des figurines et des cosplays, je ne sais quoi, des affaires sur lesquelles moi je ne dépenserais pas de l'argent personnellement. Mais c'est quelqu'un qui travaille dans la fonction publique, la fonction publique canadienne, depuis maintenant je crois presque quinze ans, qui est un comptable et qui est très compétent dans son travail. et qui est productif. Moi c'est ça que je trouve qui est plus important, de démontrer qu'on est compétent et qu'on est capable de faire des choses plutôt que d'insister sur le fait de manière performative qu'on est normal, quitte à cacher ses côtés plus étranges et plus embarrassants. Ça c'est quelque chose qui fait partie de qui nous sommes aussi. Après la pause, je vais conclure mon petit discours ou ma petite conférence impromptue que je fais dans mon émission sur allier l'utile à l'agréable et parler de quelques conseils que je pense que d'autres devraient prendre que ce soit de moi ou d'autres personnes et je vais aussi dire quelques mots à la fin.
[00:40:44] Donc dernière pause avant de se quitter, je voudrais prendre ces dernières dizaines de minutes pour parler de, avant la pause je disais, des conseils mais c'est plutôt des mises en garde.
[00:41:00] Parce que souvent on fait des erreurs faciles.
[00:41:05] C'est drôle, plus tôt cette journée, avant que je rentre dans cette émission, je jouais une partie d'échec avec mon directeur de radio, Alex Leclerc. et il m'a donné une pièce en l'air.
[00:41:22] Et moi je lui ai dit que ça c'est ceux qui font le plus mal parce qu'on réalise que si seulement j'avais pas fait ce truc là, ce petit truc là, peut-être j'aurais mieux, je m'en serais mieux sorti. Et c'est ça que moi j'ai réalisé après des années, que les erreurs qu'on fait le plus, c'est les erreurs qui étaient les plus prévisibles. C'est vraiment les erreurs qu on fait pas nécessairement par incompétence, un peu peut-être, mais surtout par arrogance.
[00:41:57] On est en train de dominer dans quelque chose, on réussit.
[00:42:03] Alors là, souvent ce qui arrive c'est qu'on décide de se pousser, d'aller trop loin et ça finit par nous retomber dessus.
[00:42:14] Un bon exemple que je peux donner c'est que, c'est pas nécessairement entièrement de ma faute pour être vrai, mais le panel sur les Mahou Shoujo que j'avais fait en 2023 à Anime North, Mathieu Lachance m'avait accordé le droit de traduire et de présenter sa présentation, son panel sur les Magical Girls.
[00:42:40] Mais bon, j'ai complètement mal jugé la dynamique entre moi et mes copanélistes et ça a tourné au désastre parce qu'on s'affrontait au milieu de de la conférence au point où quand t'as des gens qui ont quitté la salle au milieu, là c'était vraiment gênant. Pour moi, extrêmement gênant.
[00:43:04] Mais justement, parfois on fait des erreurs de ce genre-là parce qu'on se dit «Ah ben bon, jusqu'à maintenant tout s'est bien passé et je suis capable, je vais y arriver parce que moi j'ai réussi à faire ça dans cette situation alors je peux l'extrapoler à toutes les autres situations et ça va fonctionner aussi bien.» C'est pas aussi simple que ça.
[00:43:26] Souvent il faut mettre les choses dans son contexte et y penser un peu de comment est-ce que le fonctionnement ou le déroulement de quelque chose peut changer la donne et comment est-ce que ça peut nous mettre dans une situation totalement imprévue. Et de même, c'est aussi quelque chose d'autre que je dirais de mettre en garde, c'est que souvent aujourd'hui on a malheureusement cette tendance à vouloir constamment s'auto-victimiser, à tort et à travers.
[00:43:56] Donc on s'auto-flagelle, on est comme «Oh, j'ai raté un truc, et pitié pour moi, je suis tellement une victime, oh non, s'il te plaît, console-moi». Non, non, non, ça c'est l'attitude pathétique des fétiches, il ne faut pas faire ça.
[00:44:17] Il ne faut pas lâcher le morceau aussi, on veut réussir à quelque chose, surtout dans un domaine où c'est plus encombré, c'est plus difficile à percer dans quelque chose dans lequel on est peut-être néophyte en tant que professionnel.
[00:44:34] Il ne faut surtout pas lâcher. Si on rate un truc, ce n'est pas grave.
[00:44:38] Il faut se reprendre. Il ne faut surtout pas essayer d'aller chercher la sympathie ou faire les yeux doux en espérant que ça va juste passer. Non, il faut accepter les erreurs qui ont été commises.
[00:44:57] Et il faut penser à autre chose, il faut penser à comment est-ce qu'on va apprendre de ça pour éviter que ça se passe dans l'avenir.
[00:45:05] Et ultimement pour moi, la mise en garde ultime, c'est qu'on a souvent tendance à céder trop facilement aux pressions externes.
[00:45:20] Souvent, on se dit, qu'est-ce que les autres veulent que moi je fasse? Au lieu de penser, qu'est ce que moi est-ce que je veux, par exemple, dans mon cas, présenter dans une convention ou pour d'autres personnes, ça pourrait être parler d'un livre en particulier ou rédiger un poème ou une histoire ou quoi que ce soit.
[00:45:49] Et trop souvent on a tendance à, et ça c'est quelque chose de normal, moi je châtie personne pour avoir cédé à la pression, ça peut être dur, ça peut être dur parce que souvent c'est des gens à qui on fait confiance et souvent c'est pas évident, c'est pas explicite, c'est pas ah tu vas faire ça ou sinon non, c'est subtil, c'est comme «Ah mais tu ne penses pas que tu devrais plutôt faire ça, faire comme ça?» Mais ça ne vient pas d'une place de conseil réelle, ça vient vraiment du côté de «tu devrais vraiment faire ça. Au lieu de faire ça, tu devrais faire ça. Parce que moi, je préfère que tu fasses ça.» au lieu d'écrire une histoire fantasy, je vais écrire une histoire science-fiction par exemple.
[00:46:36] C'est juste un exemple parmi d'autres mais ça vous donne une idée.
[00:46:41] Et pour moi c'est quelque chose qui malheureusement arrive trop souvent et c'est pour ça que des gens se retrouvent... Ils se retrouvent à nouveau dans le même carcan où ils étaient au début, où ils étaient misérables dans leur emploi. Mais après, même avec leur passion, ils se retrouvent à faire des choses qu'ils ne veulent pas faire.
[00:46:56] Récemment, il y a eu des membres dans le Nadeshiko Club, que je n'en nommerai pas, mais qui ont annoncé que soit ils prenaient des pauses ou qu'ils...
[00:47:06] pas par animosité mais simplement par envie personnelle, s'écarter du club et qu'il ne ferait plus des conférences avec le club à chaque convention.
[00:47:21] Pour moi, c'est quelque chose que je respecte parce que je préfère avoir quelqu'un qui est capable de se mettre cette limite-là et de dire que, pour moi, c'est quelque chose... Tu sais, j'ai un burn-out.
[00:47:40] Je ne veux plus faire ça. J'ai d'autres choses à faire, etc. Je ne veux plus mettre le temps là-dedans.
[00:47:45] Je vais m'écarter.
[00:47:48] Peut-être j'y reviendrai plus tard.
[00:47:49] On verra.
[00:47:51] Mais pour le moment, je suis prêt à mettre sur pause.
[00:47:55] Et ça, je trouve que c'est quelque chose d'extrêmement... Non seulement...
[00:47:58] courageux, mais ça montre un degré de sagesse, qu'il faut être capable de savoir quand mettre les freins.
[00:48:05] Parce que ce qui arrive souvent avec les gens qui veulent aller lutter à l'agréable, c'est qu'ils finissent par faire le ratio contraire.
[00:48:14] C'est-à-dire qu'ils inversent les ratios, c'est-à dire qu'au lieu d'aller lutter à l''agréable, ils finissent par allier l'agréable à l'utile. Donc ce qui arrive, c'est qu'ils finissent par se trouver dans une situation où Leur passion devient tellement chronophage que ça consomme tout et que ça finit par prendre contrôle de leur vie ou dans leur emploi régulier. Tout ça, ça finit par devenir chronophage. Il y a grugé du temps, grugé de l'espace mental, etc.
[00:48:43] Dans notre travail régulier, dans notre emploi de jour. Et ça, c'est quelque chose qui est vraiment, non seulement une erreur comme d'un point de vue, à faire d'un point de vue psychologique, C'est quelque chose qui est extrêmement lourd à porter parce que là on commence à comme un peu mélanger des choses ensemble qui ne devraient pas mélanger. On commence à se dire, à rêver même si c'est complètement irréaliste pour le moment.
[00:49:15] que peut-être je pourrais faire ma vie avec ça.
[00:49:17] D'ailleurs, c'est quelque chose auquel j'ai dû faire face en tant que journaliste.
[00:49:23] À un moment, j'écrivais tellement de journaux, j'avais un volume d'un article au jour ou deux jours, je me suis dit que peut-être c'est ça que je devrais faire. Mais finalement, en restant davantage en droit et en voyant la galère dans laquelle étaient mes propres éditeurs en chef en fait, qui éditaient mes articles et qui révisaient, et la misère qu'ils faisaient en face de précarité, de trouver un emploi, etc.
[00:49:48] Et la peur constante qu'ils avaient de perdre leur emploi. C'est quelque chose qui, pour moi, m'a convaincu que le choix que j'ai fait était certainement le bon, qui est de rester en droit et de travailler dans un monde beaucoup plus sûr. Et dans cette perspective-là, je trouve aussi qu'on se crée souvent des fantaisies, des stéréotypes sur combien certaines personnes gagnent en termes de salaire, etc.
[00:50:20] Spoilers, c'est soit beaucoup moins ce qu'on pense ou beaucoup plus que ce qu'on pense. Donc c'est quelque chose auquel il faudrait un peu réfléchir avant d'ouvrir sa bouche et faire la recherche réellement parce que c'est juste un gap de connaissances.
[00:50:41] Mais dans tous les cas, Moi je pense que le plus important quand on a élu l'agréable, pour un peu résumer tout ça, c'est vraiment de doser. Et ça c'est quelque chose qui, bon c'est pas vraiment un conseil là, ça me rappelle, c'est vraiment quelque chose que ma mère me dirait.
[00:51:04] Ah ouais non, il faut tout faire en modération, il faut tout doser, en politique il faut être centriste.
[00:51:09] Je blague pour l'affaire du centrisme, mais c'est vrai que... Ah oui, non, si je prends un peu de ça et un peu de ci et je mets ça ensemble, ça va fonctionner, mais le truc, c'est que vraiment, pour l'illusion agréable, ça, il faut le faire parce que sinon, on se retrouve avec une situation où on finit par...
[00:51:30] demeurer misérable et notre propre passion, on devait comme prisonner notre propre passion d'une manière. Ça semble un oxymoron mais ça ne l'est pas.
[00:51:41] L'exemple des membres qui sont écartés du club pour le moment, c'est l'exemple parfait que moi par exemple dans ma perspective personnelle, si jamais pour le moment, moi mon corps, mon âme, mon esprit, mon cerveau, tout fonctionne à plein régime là pour que je puisse une fois par mois ou une fois par deux mois aller dans des conférences, me lever tôt, dormir tard pendant trois jours d'affilé et de nuit d'affilée en fait et livrer des conférences parfaites sur des sujets que moi je connais bien Mais si jamais moi je sens que mon corps commence à prendre une tôlée, que j'ai plus un peu la passion que j'ai avant, j'ai plus le même goût, j'ai plus cette même énergie que j'ai quand je prépare mes présentations, alors je me carterais volontiers.
[00:52:42] Et honnêtement, c'est tout ce que j'ai à donner comme conseil pour ceux qui s'intéressent à vouloir apporter leur passion avec eux dans leur carrière, dans leur profession.
[00:52:55] Et j'espère que ça vous sera un peu utile si ça ne l'est qu'un peu.
[00:53:02] Et sur ce, je vous souhaite une bonne soirée.
[00:53:05] J'ai rêvé depuis 4 heures ce matin. Moi, je vais rentrer à Montréal, aller me coucher.
[00:53:10] Bonsoir et à bientôt.